Politique

L’affaire Fillon : révélatrice du vice en chacun de nous.

A moins d’être totalement coupé du monde depuis des semaines, vous aurez certainement constaté que l’actualité politique est rythmé par les déboires judiciaire du candidat à la présidentielle : M. Fillon

Emplois fictifs, enrichissement personnel, cadeaux suspects et potentiels conflits d’intérêt ; nombreuses sont les accusations formulées à l’encontre du candidat qui refuse de renoncer en dépit de sa mise en examen.

Je pourrai conclure cet article en dénonçant les agissements de cet homme sur lequel pèsent de lourds soupçons. Je pourrai critiquer le non respect de la parole donnée : après tout M. Fillon a gagné les primaires en se présentant comme un modèle de vertu qui se retirerait si il était, lui, mis en examen.

M. Fillon est critiquable ! Oui mais voila, il n’est pas le seul d’où l’intérêt de cet article.

La présomption d’innocence c’est pas fait pour les chiens

Tout d’abord il y a tout ceux qui demandaient le retrait de M. Fillon.

C’est assez ahurissant de voir le nombre de personnes qui sont prêtes à se jeter comme des charognards sur un animal blessé.

Avant l’affaire des costumes, avant la mise en examen, avant même l’ouverture de l’enquête… il aura suffit d’une série de révélations du Canard Enchainé pour que tout de suite l’on évoque le possible retrait de M. Fillon.

Les Républicains pour commencer.

Il n’y a rien de pire que d’être trahi par les siens, quel amertume a du ressentir M. Fillon lorsqu’il a vu ses soutiens l’inciter à laisser sa place à M. Juppé

Après avoir été acclamé en héros pour sa victoire au primaire, voila que l’Elu de la Sarte est lâché par les siens qui aimeraient le voir laisser sa place comme il l’a fait en 2013 face à Copé.

Cela montre un peu le niveau de solidarité et de confiance entre les membres du parti.

Soit ils partaient du principe que M. Fillon était un « pourri » et que le Canard disait probablement vrai ; soit ils émettaient des doutes et à ce moment là, belle mentalité de l’abandonner dans la tempête en cherchant à l’évincer.

Les socialistes ne valent guère mieux.

A quoi ça rime, de demander le retrait d’un opposant politique en pleine campagne ? Et pourquoi pas cent balles et un mars tant qu’on y est ?

Le Parti Socialiste n’est pas stupide au point d’ignorer que cela ne fera que nourrir la théorie du complot ?

Du coup on ne peut qu’être sceptique face à cette demande qui a l’air d’être ni plus ni moins qu’une manœuvre politique clairement populiste !

Le pire, c’est que cette demande ne survient pas après de nouvelles révélations ou une condamnation en justice…non…elle arrive après la démission de Bruno Leroux qui est mis en accusation pour des faits similaires ! Le seul ressenti qu’on a après ça c’est que c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Quand on est pris la main dans le sac, pour la même bêtise que son voisin, l’attitude la plus cohérente n’est elle pas de se faire tout petit ?

D’ailleurs Bruno Leroux est ministre ; alors que François Fillon est candidat à la présidentielle.

Démissionner un mois avant d’être remplacé par le suffrage universel, et après s’en être mis plein les poches pendant cinq ans ; ça n’est pas la même chose que de se faire « hara-kiri » avant d’avoir été élu et en sacrifiant son camp tout entier qui se retrouverait sans candidat.

Le Parti Socialiste le sait pertinemment, tout comme il sait que son courrier sera sans suite.

C’est pourquoi sa démarche est déplacée et de très mauvais gout : dans un pays démocratique, on ne demande pas le retrait du candidat d’en face. Ça n’est pas très sérieux pour des raisons assez évidentes.

Les médias et la justice ne sont pas en reste.

Je me suis longuement posé la question de savoir si un candidat sur lequel pesait de lourds soupçons, devait ou non rester candidat.

Si le candidat est coupable et élu, on se retrouve avec une personne peu recommandable à la tête de l’Etat. Mais d’un autre coté, si le candidat se révèle être innocent après avoir perdu l’élection ça pose aussi un problème car la défaite peut résulter de soupçons infondés.

Du coup, j’en viens à penser qu’il n’y a pas vraiment de bonnes solutions si ce n’est celle qui était évoqué par certains parlementaires concernant l’idée « d’une trêve judiciaire ».

Le principe voudrait qu’en période électorale, la justice et les médias ne se saisissent pas d’une affaire concernant un candidat. Pas vu pas pris en quelques sortes… ainsi le Canard Enchainé n’aurait pas pu faire ses révélations juste après la primaire de la droite et du centre.

Bien sur, l’idée peut paraître choquante dit comme ça mais elle est, me semble t’il, bien moins choquante que de savoir que les médias ou la justice aient le pouvoir de faire et de défaire les présidentiables en plein milieu d’une campagne.

On a le président que l’on mérite

Autre point qui me choque dans cette campagne, plus que les faits supposés qui sont reprochés à M. Fillon, c’est l’attitude de ceux qui le soutiennent envers et contre tout !

Qu’on respecte la présomption d’innocence, c’est normal et tout le monde devrait en faire autant.

Néanmoins, on ne peut pas non plus rester totalement de marbre et insensible aux nombreuses révélations qui sortent jour après jour !

Qu’on émette des réserves avant de condamner l’ancien premier ministre, moi je veux bien, mais qu’on le suive aveuglément en ignorant totalement tout ce qui est révélé par la presse… C’est assez inquiétant.

Or, quand on regarde les sondages aujourd’hui on voit que M. Fillon a une base encore solide de 17 % d’électeurs qui déclarent qu’ils vont voter pour lui.

Qu’est ce que cela veut dire au juste ? Je veux bien croire qu’il y en ait quelques uns qui croient au complot et sont convaincus de l’innocence de M. Fillon.

Mais on peut supposer aussi, ce qui est plus gênant, que dans ces 17 % il y ait des gens qui estiment qu’avoir un président intègre est moins important que la victoire coute que coute ! Quelle est la marge entre la partisanerie et le fanatisme ? Jusqu’où François Fillon pourrait-il aller avant de perdre le soutient de ces 17 % ?

Pour se faire une idée il n’y a qu’à voir le communiqué de Luc Chatel qui voit « la demande de retrait du PS » comme la signature d’un complot.

Un peu comme si Bruno Leroux, effrayé par la performance de Fillon au cours du Débat de TF1 ; avait décidé de se mettre lui même une affaire d’emploi fictif sur le dos pour pouvoir démissionner afin de demander à Fillon d’en faire de même

 

Non décidément, cette campagne électorale est pitoyable ; et Fillon quoiqu’on en pense, n’est pas le seul responsable.

Du coup, il ne faudra pas s’étonner si l’abstentionnisme, est le premier parti de France…

 

 

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