Politique

La religion la plus dangereuse dans ce monde, n’est pas celle qu’on croit.

On vit pour elle, on croit en elle, on la pratique quotidiennement en dénigrant ses infidèles : cette religion c’est le travail !

Le travail, une religion pas comme les autres.

Évidemment si vous arrivez ici sur cet humble site, vous vous demandez ce qui a pu me passer par la tête pour comparer le travail a une religion.

Le travail c’est l’activité humaine permettant la production de biens et de services contre une rémunération. Alors que la religion c’est un ensemble de pratiques et de croyances permettant à une communauté de chercher les réponses au plus grandes questions de l’humanité comme les raisons de notre existence.

Un ami croyant m’a dit un jour que si la science permettait de comprendre pourquoi nous étions là (les causes, le Big Bang, le Darwinisme tout ça…) ; la religion était censée répondre à la question de savoir pour quoi nous étions là (le but de notre existence si tant est qu’il y en est un.). Bien évidemment, le rapport à la foi de mon ami est quelque chose de personnel mais je trouvais la formule intéressante.

Ainsi les notions de travail et de religion semble assez éloignés pour ne pas avoir besoin de les différencier. Et pourtant c’est bien au cours d’une de mes réflexions spirituelles sur la foi que j’ai fini par en arriver à la conclusion que la première religion de France, c’était le travail.

Le travail, le nouvel opium du peuple

C’est Karl Marx, historien du XIX ème siècle, qui considérait à l’époque la religion comme étant l’opium du peuple ; c’est à dire un outil idéologique permettant à l’homme d’être plus docile, d’accepter sa condition parfois difficile avec l’illusion et l’espoir d’un monde meilleure.

Face à l’injustice, le peuple trouve ainsi dans la religion une sorte refuge, ce qui permet d’éviter l’insurrection populaire. Ainsi l’on pourrait supposer que la montée de l’irréligion en France depuis les années 80 est la résultante « des trente glorieuse », période de l’après guerre prospère, où les français ressentirent moins le besoin de croire pour être épanouis.

Or la situation s’est pas mal dégradée au cours des dernières décennies, en France mais pas seulement, ainsi l’on assiste à des phénomènes de type insurrectionnel comme le mouvements des indignés, mais aussi la montée des intégrismes religieux comme DAESH, après tout on peut supposer que des individus heureux et parfaitement épanouis seront moins tentés de rejoindre cette organisation terroriste.

Pour limiter ces effets pervers de la crise, l’Etat a besoin d’une nouvelle drogue idéologique, pour canaliser les mouvements de révolte et cet opium : c’est le travail.

Saint Patron, Père de Croissance ; priez pour nous pauvres chômeurs.

Hier en regardant l’émission Politique avec François Fillon, j’ai été choqué. Ce dernier souhaite réduire les prestations sociales pour les chômeurs et à ce titre il a été questionné par une chômeuse longue durée.

L’invitée lui explique la dureté de la vie aujourd’hui, entre le cout du carburant, des besoins alimentaires, du logement etc etc… elle précise bien avoir eu quelques propositions d’emplois ici et là mais souvent des temps partiels, mal rémunérés et trop loin de son domicile.

Le candidat à la présidentiel a répondu sur un ton rassurant que grâce à lui, il y aurait un emploi pour tout le monde. Une réponse habile car en faisant ainsi il a déporté la question des conditions de vie et le faible pouvoir d’achat, à la question du chômage et du retour à l’emploi comme si les deux étaient nécessairement liés.

François Hollande lui même avait été élu en parti grâce à son discours contre l’argent… et l’espoir d’une vie meilleure pour les plus précaires. A l’arrivé il n’a fait que conditionner sa candidature à la présidentielle sur le critère unique du chômage.

Insidieusement, on a effectué un glissement sémantique où, aujourd’hui, l’enjeu du pouvoir d’achat et des conditions de vie ont été remplacé remplacé par la quête du plein emploi comme si « travailler » était une raison d’être, la raison d’exister.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et de son « travailler plus, pour gagner plus », on est entré dans une ère où le travail a été sacralisé comme étant l’ultime accomplissement dans la vie d’un individu.

Alors on s’inspire de l’Allemagne, on voit une France qui se droitise, et des candidats à la présidentielles qui caracolent en tête des sondages en promettant toujours plus d’emploi. Le problème étant qu’aujourd’hui, les solutions envisagés pour lutter contre le chômage se bornent à précariser le travail : on travail plus, pour gagner moins, avec la promesse des jours meilleurs qui forment le socle du nouveau dogme à la mode.

L’inquisition, plus rude que jamais

Le problème étant qu’aujourd’hui, le chômeur est considéré comme étant un paria, un moins que rien, un assisté. Cependant on refuse de voir qu’aujourd’hui c’est la société toute entière qui est assisté car l’Homme est de moins en moins utile dans le processus de production.

Avec d’un coté le développement des nouvelles technologies, la robotisation, l’automatisation, bref le coté technologique…et de l’autre l’accroissement de la population mondiale, on peut penser que la raréfaction du travail dénoncé par Benoit Hamon est une hypotèse plausible.

Plus probable en tout cas que de penser que « par magie » la quantité de travail fourni sera toujours égale à la quantité d’individus sur Terre.

Car le travail, ce n’est pas quelque chose qui existe simplement pour faire plaisir aux gens… du genre… chacun a un travail qui l’attend là, quelque part rien que pour lui.

Le travail c’est avant tout la mise à disposition d’un individu dans le processus de production d’une entreprise.

Or, pour que l’entreprise crée de l’emploi, il faut qu’elle ait un besoin de main d’oeuvre.

Sauf que pour qu’elle ait besoin de main d’œuvre il faut :

1°) Qu’il n’y est pas d’alternative moderne qui serait plus rentable (le progrès technologique).

2°) Que l’entreprise ait une demande à satisfaire, un besoin justifiant qu’elle produise des biens ou des services.

Là encore il risque d’y avoir un problème. Jusqu’à quand les entreprises trouveront suffisamment de besoins à combler pour justifier leur activité ? N’arrivera t’il pas le jour où, les besoin des l’homme auront été assouvis et qu’on en viendra à produire tout et n’importe quoi pour essayer de créer de nouveaux besoins superficielles à l’Homme déjà comblé ? Nous sommes déjà en plein dedans en fait…

La plupart de nos politiciens estiment que le remède au chômage, c’est la formation. Oui et non en réalité, l’évolution de nos sociétés fait qu’aujourd’hui, de plus en plus de job disparaissent, soit sont très mal payés car ils ne requièrent pas une grande expertise.

Du coup nous avons une quantité importante de job précarisés, qui sont remplacés en partie par des jobs plus « pointues ». Mettre l’accent sur la formation ne permettra pas de donner du travail à tous… mais uniquement de donner à chacun l’espoir d’obteni les derniers emplois restants qui valent encore le coup. (la formation ou le fait d’avoir un ancien premier ministre dans ses relations peut aider à avoir ces fameux emplois épanouissants et bien payés.)

Le travail, c’est la santé quand on en a un.

Au début de cet article j’annonçais que de toute les religions, le travail était sans doute la pire. Elle est dangereuse car elle rend ses croyants aveugles, oubliant qu’au départ la priorité devrait être d’avoir un toit et de pouvoir manger, puis dans un second temps de chercher à s’épanouir dans le monde dans lequel nous vivons.

C’est la responsabilités de nos politiques dans une démocratie que de mettre les moyens en œuvre pour y parvenir. C’est pourquoi nous avons eu les services publiques, la santé, les congés payés etc etc…

Les politiques actuelles semblent avoir oublié ce détail, aussi se réclament ils tous du gaullisme mais jamais le général de Gaulle n’aurait accepté de sacrifier une partie de la population pour optimiser le « score » économique du pays.

Nos dirigeants aujourd’hui ne pensent qu’à cela : avoir la meilleure croissance possible, être compétitifs et respecter les engagements européens.

C’est la raison pour laquelle ils sont prêt aujourd’hui à demander toujours plus de sacrifice possible au peuple pour lutter contre l’ennemie déclaré : le chômage.

Ainsi on culpabilise les chômeurs, on casse le modèle sociale et on sacralise le travail comme une sorte de Saint-Graal en promettant à tout le monde qu’un jour, quelque part, chacun pourra retrouver le chemin béni de l’emploi.

Mais n’oublions pas que le travail n’est qu’un moyen… pas une fin en soit.

Ainsi l’on peut dire qu’il y a une forme de lâcheté chez nos dirigeants qui, plutôt que de chercher les solutions pour permettre à chacun de vivre dignement au XXIème siècle, préfèrent endormir le peuple en lui expliquant que le problème à tout les maux c’est le chômage.

Allez dire ça aux millions de français qui travaillent durement et qui ont malgré tout du mal à boucler les fins de mois.

 

 

 

 

 

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