Politique

Pourquoi Macron ne sera pas le futur président ?

Dans un mois à peine, se tiendra le premier tour des élections présidentielles. Personne n’aura pu passer à coté du « phénomène Macron », ou comment un homme a réussi en quelques semaines à passer en tête des intentions de vote et à insuffler une dynamique faisant de lui un candidat très sérieux alors qu’il était parti de rien.

Tout porte à croire que le candidat d' »En Marche » sera bien l’adversaire direct de Marine Le Pen au second tour, qu’il devrait par ailleurs, remporter.

Et pourtant, le vent pourrait tourner plus vite qu’on ne le croit.

Les raisons du succès, la montée en puissance

Contrairement à ce que prétendent les journalistes, Emmanuelle Macron n’a rien de l’OVNI politique arrivant de manière messianique en bouleversant le vieux clivage gauche-droite obsolète.

Son charisme, sa fraicheur et son projet ne sont pour rien dans le succès qu’on lui connait aujourd’hui et qui est plus la résultante d’une série de facteurs favorables.

Par ailleurs le phénomène Macron n’a rien de nouveau, souvenez-vous en 2007, il s’était déjà produit et il portait un autre nom : Bayrou !

Faiblesse de la gauche et de la droite

Comme François Bayrou en 2007, la candidature de Macron se faufile sur un créneau centriste qui repose pour beaucoup sur la faiblesse de la gauche et de la droite.

A l’époque la faiblesse était d’autant plus forte à gauche où Ségolène Royale parvenait difficilement à rassembler son camp ; la candidate enchainait boulettes sur boulettes et peinait à convaincre l’électorat de sa stature présidentielle.

Nicolas Sarkozy de son coté flirtait avec l’extrême droite en affichant une ligne dure, très à droite, permettant là encore de libérer un espace au centre. Ainsi Bayrou pu creuser une brèche et atteindre 18.57 % au premier tour.

Concrètement Emmanuel Macron profite du même appel d’air ; le PS aura déçu au pouvoir pendant cinq ans donnant une image désastreuse de la gauche, pendant que Fillon s’enterre sous les affaires : du coup la gauche et la droite sont affaiblis, c’est le centre qui s’en nourrit.

Le petit coup de pouce hollandais

Au centre, il y en a du monde pour rafler la mise à commencer par François Bayrou lui même qui attendait son heure depuis un moment.

Mais là encore Emmanuel Macron a bénéficié d’un facteur favorable lui ayant permis de s’imposer comme étant le candidat du centre : le rejet d’Hollande.

C’est bête à dire mais aucun journaliste ne semble le relever… François Hollande était le candidat le plus impopulaire de la Vème république et le rejet autour de sa personne était particulièrement important.

Or, pour beaucoup la démission/trahison d’Emmanuelle Macron a probablement été perçu comme un exutoire jouissif contre le président en place.

Un vrai coup de poignard dans le dos quand on sait que Macron était pourtant ministre de l’économie et qu’il avait les mains libres pour mettre en place sa politique. Paradoxalement, Fillon, Hamon, Melenchon et Le Pen sont probablement les quatre candidats ayant été les plus critiques à l’égard du mandat de Hollande mais c’est bien Macron qui aura enfilé le costume du rebelle nous débarrassant du président.

Plus haut dans les sondages, plus dure sera la chute

Surfant sur sa vague de popularité, Macron joue sa partition centriste avec talent. Un coup à gauche, un coup à droite, le candidat avance sereinement jusqu’au second tour où il sait qu’il pourra battre Marine Le Pen sans difficultés.

Le problème c’est qu’au premier tour des élections il risque fort de se casser les dents violemment pour plusieurs raisons.

Le centre ne paye pas

Contrairement à ce que Macron espère : il n’y a pas d’électeurs au centre !

Il n’y a qu’à voir le vide désertique que représentent les mouvements comme le MoDem ou l’UDI ; le centre est un effet de mode qui forme parfois une « bulle » avant d’éclater à la première turbulence.

Car si les partis de gouvernement que sont le PS et LR ont pu décevoir, le clivage gauche-droite continue d’exister :

  • On ne peut pas être à la fois conservateur et progressiste sur les valeurs sociétales
  • On ne peut pas être à la fois pour une économie libérale et collectiviste.
  • On ne peut pas être à la fois pour un Etat régalien et un Etat providence.

Bayrou, Macron et les autres centristes auront beau essayer de synthétiser tout ça pour faire des politiques « de centre », ça n’empêchera pas les citoyens, eux, d’avoir des avis tranchés sur les questions de société.

Ainsi l’on peut s’attendre à ce qu’au bout du compte, au moment de voter, les électeurs se positionnent à gauche ou à droite en fonction de leurs aspirations. Voter Macron dans un sondage est un bon moyen de marquer son mécontentement contre les politiques menées jusqu’à présent ; mais voter Macron dans l’urne ça revient pour l’électeur à dire « je ne me prononce pas et je laisser Macron et ses amis décider pour moi ce qui est le mieux car je n’ai pas d’avis. »

Dit comme ça le vote Macron est moins emballant…

Le mauvais rôle de favori

Autant pour Melenchon ou Hamon, des sondages hauts sont indispensables pour pouvoir rafler la mise et devenir le « vote utile » de gauche.

Pour Macron en revanche les sondages hauts risquent fort de se retourner contre lui.

Il faut une grande force de conviction pour aller voter un candidat qui est déjà annoncé gagnant ; mais paradoxalement les électeurs de Macron sont des gens ayant peu de convictions idéologiques dans la mesure où ils ne sont pas capable de se position à droite ou à gauche.

Du coup on imagine mal des hordes d’électeurs de Macron se ruer dans les urnes pour conforter la victoire d’un programme mi-figue mi-raisin

L’illusion du renouveau s’estompe

Macron a pu bénéficier de l’effet du renouveau ! Les Français voulant un changement ont pu être intéressés de voir ce candidat apporter de la fraicheur et de la nouveauté.

Aussi aura t’il eu une dynamique intéressante entretenue par des ralliements donnant l’impression d’un vaste rassemblement populaire autour de sa personne.

Sauf qu’à vouloir faire rentrer trop de monde dans le mouvement cela risque fort de nuir à la campagne du candidat qui pourrait se traduire par une contre-performance au moment du scrutin.

De Robert Hue à Philippe Douste-Blazy, en passant par François de Rugy et Bertrand Delanoë ; Emmanuel Macron couvre un éventail extrêmement large de soutient allant de la gauche à la droite…

Ainsi non seulement il finir par incarner la caste politique dans son ensemble, mais plus particulièrement il prend les traits d’un certain François Hollande ce qui risque fort de se retourner contre lui tant l’ancien président a été rejeté par le peuple.

Dans le même temps, il « vide » le Parti Socialiste d’une partie de ses éléments repoussoirs favorisant le possible rapprochement entre Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon.

Trois petits tours et puis s’en vont

Remobilisation et rassemblement à gauche, sous-évaluation du résultat de François Fillon, difficile de dire lequel de ces deux facteurs aura le plus d’impact sur le résultat du premier tour.

Une chose est sur, c’est que Marine Le Pen, devrait être au second tour… et qu’elle ne sera probablement pas opposée au candidat d’En Marche, qui risque fort de retomber dans l’anonymat le plus complet.

A moins que…qui sait…peut être re-créera t’il un parti pour marquer le coup à l’instar de François Bayrou qui créa le MoDem après sa défaite de 2007 ?

Je suggère qu’il l’appel : « En Stop » ou un truc dans ce genre là.

 

 

 

 

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