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Le Pen – Melenchon : Le duel qui fait peur…ou pas ?

Fillon qui bataille, Hamon qui s’effondre, depuis plusieurs semaines nombreux sont ceux et celles qui se réjouissent à l’idée de mettre fin au règne des deux formations politiques traditionnels que sont le PS et Les Républicains.

Les médias mettent en avant Macron l’unificateur, le réformiste qui saura dépasser un clivage rendu obsolète par les errements de la gauche ! Ainsi le pays se met « en marche » dans la voie du compromis et du consensualisme comme si il n’y avait qu’un seul chemin, qu’une seule route raisonnable et raisonnée.

Cette voie, serait celle tracée par les contraintes de la mondialisation et par l’Europe, institution floue pour beaucoup de Français qui serait responsable de tout les maux.

L’Europe, remise en cause perpétuelle de la démocratie

Le problème de l’Europe n’est pas de savoir si elle est bien, ou pas ; mais offre t’elle le cadre démocratique auquel nous aspirons tous ?

Les médias évoquent toujours la catastrophe, la peur de la sortie de l’union Européenne pour les marchés financiers, les entreprises et le CAC40. Mais ils omettent toujours d’évoquer la peur chez certains de nos concitoyens de rester dans l’Europe et de perdre la démocratie.

Il faut dire que rien n’a été fait pour donner le sentiment contraire ; nous avons tous en tête le référendum de 2005 qui fut rejeté par les français sans que cela ait beaucoup d’impact puisque le président Nicolas Sarkozy fera passer le texte en force en 2007.

François Hollande n’a rien arrangé, en se faisant élire en 2012 et en laissant planer l’idée qu’il allait modifier les choses… Avant de revenir bredouille donnant le sentiment une fois de plus que l’Europe était plus forte.

Une Europe qui s’impose à nous ? Des dirigeants dont la légitimité est déjà remise en question qui se « couchent » face à l’Europe ? Et voila qu’aujourd’hui un Macron surgit, laissant un arrière goût de Candidat Unique pour lequel tout le monde va ou doit voter.

Aussi grande et belle soit l’Europe, elle pose tout de même un sérieux problème démocratique…

A chacun son Fasciste ?

Il est coutume de parler des partisans du Front National comme étant des Fascistes : l’argument facile et rapide pour les décrédibiliser. Et pourtant quand on regarde la situation de la France et de son histoire, on pourrait être en droit de se poser des questions.

Tout les français ont étudié la seconde guerre mondiale ! Une blessure qui peine à se cicatriser dans la mémoire collective :

  • Comment Hitler et Mussolini ont pris le pouvoir de manière démocratique.
  • Comment l’Allemagne Nazi a envahi une bonne partie de l’Europe
  • Les crimes abjectes qui ont été commis contre l’humanité et la dictature nazi.

A tort ou a raison, les français sont forcément méfiants quand ils regardent la situation actuelle :

  • Trump et les Américains seraient dangereux
  • Poutine et la Russie le seraient également
  • Les Britanniques quittent l’Europe et font le Brexit

Nous sommes quand même en train de parler des trois puissances qui permirent la libération de la France en 1945 !

En face, nous avons le sentiment d’une Europe tenue par l’Allemagne, un couple franco-allemand plus fort que tout sur lequel repose toute la construction européenne… et une France qui s’aligne continuellement sur l’Allemagne.

Bien évidemment, il n’est pas ici question de comparer la construction européenne avec l’occupation Nazi. Mais on peut légitimement se demander si il n’est pas dangereux d’avancer dans le sens de l’Europe comme nous le faisons, en laissant sur le coté une frange de la population qui pourrait se sentir méprisée, mise de coté, ignorée.

Si nos élites continuent de dénigrer les populismes comme ils le font aujourd’hui, il ne faut pas s’étonner que la colère gronde dans le peuple qui cherche aujourd’hui par tout les moyens à reprendre la main.

La peur d’un Le Pen – Melenchon au second tour.

Jusqu’à présent, on a toujours diabolisé le Front National comme étant le parti fasciste par référence. Ses idées, sa doctrine sont repoussoirs par bien des aspects et surtout… Le Front National est passé au second tour en 2002.

Alors que Jean-Luc Melenchon a toujours été considéré comme le marginal de service, c’est assez amusant de voir qu’aujourd’hui alors qu’il est dans une dynamique particulièrement bonne, on cherche à le diaboliser à son tour.

Un candidat dangereux avec un programme effrayant qui conduirait à la ruine du pays etc etc… Si on ne peut pas lui coller l’étiquette du raciste de service (comme on le fait pour Marine Le Pen), on peut en revanche lui coller l’étiquette du « populiste » ce qui marche bien pour dénigrer les candidats des « extrêmes ».

En vérité, ce qui fait peur chez l’un comme chez l’autre, c’est la perspective d’un changement profond de notre société.

La peur du changement, la peur de l’inconnu, car l’un et l’autre semblent prêt à quitter l’union européenne et bouleverser ainsi complètement les données pré-établies. Que ça soit Fillon, ou Macron, on sait vers quel modèle nous tendons, il n’y a guère qu’une différence de rythme ou des mesures « sociétales » différentes.

En revanche, que ce soit Le Pen ou Jean-Luc Melenchon, tout deux incarnent une forme de profond changement… une rupture nette avec ce qui a été fait jusqu’à présent.

Or, cette rupture, le peuple y aspirait en 2007 lorsqu’il a élu Sarkozy le président qui prônait la rupture ; Hollande également laissait entrevoir une rupture lors de son discours du Bourget. Cette année encore… on peut penser que le peuple veut une rupture puisqu’il semble se porter vers Melenchon, vers Marine Le Pen ou… plus gênant… vers l’abstention marquant là un dégoût profond pour la classe politique.

Une Schizophrénie citoyenne

Aujourd’hui nous en sommes là, où un peuple veut le changement mais paradoxalement dans le même temps… il a cette peur de l’inconnu.

Les élites dans ce pays, les castes privilégiés se complaisent dans ce système et ils voteront Fillon, soit Macron : les premiers attirés par le programme « assumé » de Fillon, les seconds verront en Macron  le candidat idéal pour faire passer la pilule.

Tous s’accorderont pour diaboliser aussi bien Marine Le Pen que Jean-Luc Melenchon, les deux ogres irresponsables qui font peur.

Mais cette peur du changement, sera t’elle suffisante pour contre-balancer cette peur du fatalisme partagée par beaucoup de français ? Et pour combien de temps ?

La vérité c’est que cette façon de faire de la politique ne fonctionnera plus pour très longtemps.

Les candidats dits « raisonnables » ne pourront plus continuellement jouer double-jeu, à se présenter comme des monarques qui feront bouger les choses, tout en diabolisant les populistes qui vont conduire à la ruine du pays.

On ne peut pas prétendre incarner le renouveau, et dans le même temps proposée une ligne politique qui s’inscrit dans la continuité.

Si l’on veut retrouver la confiance du peuple, il faudra désormais tenir une ligne claire et accepter les règles de la démocratie qui impliquent qu’un bouleversement, même profond, dans la société ; est un bon changement si tant est qu’il est choisi par le peuple.

Aussi les candidats qui sont contre une révolution trop profonde dans le système actuel, feraient mieux de nous expliquer et de nous convaincre des bienfaits de l’Europe tout en annonçant qu’elles orientations ils aimeraient faire prendre au projet européen ; plutôt que de prendre des postures artificielles de « président monarques » invoquant De Gaulle ou Jaurès, alors qu’ils sont plus proches d’un président de la quatrième sous tranquillisant.

 

 

 

 

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