Histoire·Politique

Elections : le Révolutionnaire n’est pas celui qu’on croit

Le renouvellement de la vie politique

Emmanuel Macron, Jean-Luc Melenchon, Marine Le Pen… au sein du quarté de tête, tous les candidats (à l’exception de François Fillon) se présentent comme étant des candidats du changement… ils incarneraient une forme de rupture.

Pour Jean-Luc Mélenchon

La rupture est évidente, ce dernier serait le candidat de la vrai gauche qui voudrait rendre le pouvoir au peuple à travers son idée de créer une sixième république.

Pour Marine Le Pen

C’est la fin de l’UMPS, la fin d’une alternance stérile entre les deux partis traditionnels qui monopolisent le pouvoir sans partage depuis plus de 30 ans.

Pour Emmanuel Macron enfin

C’est le renouvellement de la vie politique. La fin du clivage gauche-droite synonyme de blocage et paralysie du pays.

Au final, une idée est commune à ces trois candidats, c’est la nécessité de faire une rupture avec le modèle précédent, de ne surtout pas être dans la continuité et d’incarner le changement.

Quand la forme prend le dessus sur le fond.

Ce qui est frustrant dans cette campagne c’est la tournure qu’elle prend. On s’intéresse aux sondages, on juge les candidats sur leur charisme, leur éloquence, mais on en oublie les sujets fondamentaux et les programmes.

Or, lorsque l’on s’intéresse à ces programmes, on s’aperçoit bien vite que tous ces programmes ont un point en commun : ils répondent à des problèmes de court terme en s’ancrant dans la société tel qu’on l’a connait.

Plus de flexibilité pour les entreprises pour les uns ? Plus de sécurité aux travailleurs pour les autres.

Revalorisation du SMIC pour les uns ? Déplafonnement des 35 heures pour les autres.

Le classique affrontement entre la gauche, et la droite… la politique Keynésienne de la relance ? Ou les théories libérales et l’effort porté sur l’offre.

Ainsi on ne parle pas ou peu du fond, car ces débats on les a déjà eu des milliers de fois et les mécanismes économiques classique on commence à les connaitre.

Politique de relance => Fuite des capitaux  => Politique de rigueur => Précarité

Du coup on tourne en rond, tâtonnant entre la gauche et la droite jusqu’à trouver l’équilibre, un équilibre fantasmé et mise en scène par certains candidats comme Emmanuel Macron qui mettra en avant des idées comme la flexi-sécurité.

L’idée que l’on pourrait rémunérer le travail à sa juste valeur tout en préservant la compétitivité de nos entreprises. Or… dans les faits… c’est plus compliqué.

Un candidat marginalisé, un programme caricaturé, une vision incomprise

Candidat de la gauche et du PS, Benoit Hamon a bien du mal à incarner le changement pourtant cher aux électeurs. Son programme reposant en grande partie sur l’idée du Revenu Universel, il est caricaturé comme étant un programme classique de gauche et de relance keynésienne.

Du coup on est tenté de lui opposer les même arguments que l’on opposerait à Jean-Luc Mélenchon, à Nathalie Artaud ou à Philippe Poutou : Donner de l’argent que l’on a pas accroît le déficit ! Et ça implique une hausse d’impôt qui va miner les entreprises et provoquer une fuite des capitaux.

Sauf que Benoît Hamon ne présente pas son programme comme une solution aux problèmes du monde… bien au contraire, ce dernier accompagne l’idée du revenu universelle par une mise en perspective futuriste et bien plus inquiétante : la disparition progressive et inéluctable des emplois !

Le débat a animé les primaires, il n’a jamais vraiment pu s’imposer aux cours des débats de la présidentielle et pourtant… la thèse n’a jamais été vraiment démentie de manière probante.

Pourtant la question mérite d’être posé dans une société humaine où la répartition des richesses et l’organisation économique repose sur le « Travail ».

Si les quatre candidats en tête des sondages persistent à vouloir adapter le « travail salarial » en fonctions des contraintes économiques et des aspirations de leur électorat, Benoit Hamon annonce un changement radical dans la perception même du travail tel que nous le connaissons.

L’évolution généralisé du Travail, une folie utopique?

Contrairement à ce que beaucoup semble croire, le travail n’a pas toujours existé sous la forme qu’on lui connaît.

Il faut savoir que l’esclavage était couramment pratiqué durant l’Antiquité et c’était la principale forme du travail. Puis il y eu le servage, au Moyen-Âge qui devint la nouvelle forme d’organisation du travail… avant d’arriver au « salariat » tel que nous le connaissons qui apparu à l’époque contemporaine.

Il serait particulièrement prétentieux et utopique de croire que l’Homme, au XXIème siècle, serait arrivé à une forme ultime d’organisation de la société qui reposerait sur la forme salariale du travail.

Emmanuel Macron et ceux qui se disent « progressistes » voient bien, au contraire, que le modèle économique dans lequel nous sommes évolue ; ainsi on aura tous entendu le candidat « d’En Marche » parler d’Uberisation.

Ce qui est le plus frustrant, c’est que ceux qui dénoncent la « raréfaction du travail » annoncé par Benoit Hamon sont ceux là même qui vantent « l’Uberisation » de la société : Or les deux sont liés !!

Face à cette disparition du travail salarié, les individus cherchent par tout les moyens à gagner leur vie en cherchant à obtenir de l’argent par tout les moyens.

Si l’Uberisation est surtout connu aujourd’hui dans l’activité des transports de personnes (Taxi), on pourrait aussi assimiler l’Uberisation à la prostitution, au trafic de drogue, au travail au noir en général.

L’Uberisation, est surtout un modèle anarchique et individualiste où tout ceux qui sont laissés sur le coté de la mondialisation mettent tout en oeuvre pour gagner leur vie par tout les moyens.

Les courants qui se disent « progressistes », ne font en fait que regarder les mutations d’une société qui part à la dérive et pour laquelle ils sont impuissants.

Un futur, une alternance.

François Fillon propose la précarité pour aider les entreprises, Jean-Luc Melenchon engendrera la précarité en faisant fuir les capitaux… car un meilleur salaire ne sert que si il y a du travail.

Emmanuel Macron propose une version revisité du rêve américain… en vantant la précarité généralisée comme étant une solution pour chacun de « se distinguer ».

C’est la théorie, mais dans la pratique… tout le monde se croit exceptionnel mais la majorité se heurte à la dure réalité de sa propre normalité.

Le Paradoxe dans cette affaire c’est que le seul candidat qui n’incarne pas le renouveau (Benoit Hamon du partie socialiste), est le seul qui propose une alternative à l’évolution tragique de notre société.

Plus que quiconque, il était annoncé perdant à la présidentielle et ce avant même la primaire ; sans doute est ce la raison pour laquelle lui seul a fournit un effort de proposition et de réflexion sur la condition humaine ?

Bien évidemment… le revenu universel n’est pas la solution ; il ne suffit pas pour endiguer tout les problèmes du monde. Cependant le Revenu Universel s’accompagne d’une vision, d’une analyse claire de la société et des enjeux de demain sur la place de l’individu dans la société et les questions environnementales.

Il y a chez le candidat socialiste une prise de conscience sur les difficultés à venir tout en mettant en évidence la « vacuité » des réformes qui sont proposés chez les autres candidats.

C’est pourquoi il faudra bien réfléchir avant d’aller voter le 23 avril prochain… la question sera de savoir :

  • si l’on veut continuer de fermer les yeux sur les enjeux au long terme de notre civilisation ? En votant pour celui qui sert nos intérêts personnels quitte à aggraver la situation pour plus tard ?
  • Ou bien si l’on souhaite au contraire que cette élection ne soit pas seulement un jeu de dupe comme tout les cinq ans… et si l’on veut au contraire, qu’au delà même de cette élection, on prenne le temps de se poser, avec Benoit Hamon, pour lancer une grande réflexion nationale sur l’avenir de notre pays, du peuple français et de l’Humanité toute entière…

 

 

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