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Macron, les raisons de la victoire.

Hier soir, 20 heures, nous découvrions sans grande surprise le résultat du premier tour de l’élection présidentielle : Emmanuel Macron et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour avec respectivement 23,75 % et des 21,53 % des suffrages.

Avec ce résultat de premier tour il n’y a guère de doute sur l’issue de ces élections : Emmanuel Macron devrait l’emporter haut la main face à la candidate d’extrême droite.

Nous revivons donc en 2017 ce qu’il s’est passé en 2002 avec une nuance cependant… si 2002 permettait une large victoire de Jacques Chirac et la prolongation de son mandat, 2017 marque l’élimination des deux partis de gouvernement historique et la victoire d’un « ovni » sur la scène politique qu’on a encore du mal à cerner.

La campagne des caractères

Ce qu’il faut retenir de ce premier tour des élections, c’est la radicalité de la plupart des programmes.

Si cette radicalité est évidente pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, tout deux incarnant des « extrêmes » ; elle était aussi au cœur des programmes du PS et de LR, avec des projets nettement marqués à gauche et à droite, comme si tous avaient senti dans l’opinion une profonde aspiration au changement.

Ce n’est pas le cas chez Emmanuel Macron, caricaturé comme étant le digne successeur de François Hollande et entretenant une sorte d’ambiguïté permanente sur son projet.

Un programme jugé « mou » par certains, alors que les quatre autres incarnaient clairement un changement. Du coup on en vient à se demander si les français espèrent vraiment le changement ?

Une crise de confiance en la classe politique…

Les français veulent un changement c’est indéniable, il n’y a qu’à voir les scores de popularité de François Hollande, ainsi le Parti Socialiste a réalisé un score désastreux et est au bord de l’explosion.

Cependant, Emmanuel Macron, a été ministre durant le mandat de Hollande et très souvent désigné comme étant l’héritier de ce dernier ; du coup on est en droit de se poser des questions sur les raisons de la victoire.

En fait, il a fort à parier que le candidat d’En Marche a bénéficié de la crise de confiance en la classe politique dont on entend parler depuis une dizaine d’années mais pas seulement : si le rejet des partis historiques (UMPS) existe, il ne suffit pas à expliquer la montée d’Emmanuel Macron qui synthétise idéologiquement ces deux partis.

Logiquement on aurait du assister à un duel MelenchonLe Pen, soit à un score exceptionnel de l’un ou de l’autre ; d’ailleurs la perspective d’un tel second tour a été envisagée pendant un temps. Mais alors comment expliquer une fois encore la victoire d’Emmanuel Macron ? Comment ce dernier a t’il pu répondre à l’envie de changement tout en restant sur une ligne social-démocrate classique ?

…mais surtout en la politique tout court.

Si la crise de confiance en la classe politique touche des hommes et des partis, la crise de confiance en la politique est plus vaste et profonde : c’est le fait de ne plus croire que la politique en général puisse changer quoi que ce soit au cours des événements.

Lorsque l’UMP promettait en 2007 une ligne droitière pour le pays : elle a déçu.

Lorsque le PS présentait en 2012 une ligne de gauche avant de virer à droite : elle a déçu.

Mais au delà des trahisons et de l’incompétence des partis de gouvernement ce qui ressort plus que tout c’est un sentiement d‘impuissance !

Si LR et le PS se sont montrés incapables d’améliorer les choses par leur actions, comment Les Insoumis ou le Front National le pourraient-ils alors qu’ils proposent des alternatives encore plus radicales ?

Entre l’Europe, les contraintes extérieures et les contraintes budgétaires ; on peut supposer que les français ont développé une forme de scepticisme à l’égard de la politique en général : c’est à dire de la capacité de nos responsables politiques à influencer d’une manière ou d’une autre le quotidien.

Il y aurait donc une forme de fatalisme, de résignation face à la « Marche » inéluctable du temps qui passe, or Macron incarnerait cette forme de résignation et d’acceptation face à ces mutations de la société contre lesquels on ne pourrait rien.

Il est la continuité, mais il est aussi le changement.

Non pas un « changement » dans nos modes de vie ou notre modèle économique, mais il est un changement dans le sens où, à l’exception de tout les autres, il est le seul qui ne promette concrètement rien de révolutionnaire pour les années à venir !

C’est d’ailleurs la différence majeure qu’il a avec son prédécesseur François Hollande : si en terme d' »idéologie » les deux sont sur une ligne assez proche, dans la façon de faire de la politique ils sont radicalement différents.

François Hollande promettait de lutter contre la finance avant de trahir son propre camp en faisant un virage à droite. Emmanuel Macron ne fait pas de grandes promesses à gauche… ni à droite… ainsi il ne risque pas de trahir qui que ce soit.

Un coup pour rien donc, au cours de ces élections ; la question étant de savoir jusqu’à quand le système en place perdurera ; car même si le fatalisme l’a emporté au premier tour des présidentielles, il ne faudrait pas oublier qu’il ne rassemble qu’à peine 23,75 % des suffrages.

Cinq années passées avec Macron risquent fort de générer toujours plus de défiance vis à vis de la Politique, plus d’impopularité. Or il n’est pas dit que dans cinq ans, les « blasés » de la politique puissent se trouver un nouveau champion pour les fédérer avec autant d’efficacité.

 

 

 

 

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