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Le PS est mort, vive le socialisme !

En ne récoltant que 6 % des voix au premier tour, le Parti Socialiste a encaissé un violent revers au cours des élections présidentielles de 2017. Pour autant cette défaite signifie-t-elle la fin du PS ? Rien n’est moins sur.

Une défaite en trompe l’œil.

Le problème de ces élections c’est qu’elles n’auront pas permis de distinguer clairement ce que représente le programme de Benoit Hamon au sein de la population.

Pris en étau entre Jean-Luc Mélenchon d’un coté et Emmanuel Macron de l’autre, le candidat socialiste a été victime d’un double vote utile l’affaiblissant considérablement. La question qu’on est en droit de se poser est celle de savoir si c’est le candidat en lui même qui a perdu, soit le Parti Socialiste ?

Une chose est sure c’est qu’il y a chez les Hamonistes une volonté de revanche et un gout d’amertume, pas uniquement liés à la défaite comme chez les Insoumis ou chez les Républicains, mais par une conviction forte dans un projet ambitieux qui a su fédérer des gens à qui l’on a pourtant répéter pendant des semaines que leur vote ne servirait à rien.

Une défaite salvatrice

Le Parti Socialiste ne veut pas mourir mais il doit comprendre que cette mort est nécessaire pour mieux renaître.

1995, 2002 et 2007, cela fait plus de 20 ans maintenant que le Parti Socialiste échoue aux élections présidentielles et si 2012 semble avoir enrayé cette mauvaise série, en réalité François Hollande n’a fait que profiter de l’effet repoussoir de Nicolas Sarkozy.

Aussi ces élections donnent une bonne leçon à la gauche socialiste en lui montrant que si dans sa culture, elle ne croit pas en « l’homme providentiel » , les français ont néanmoins cette tendance à accrocher plus facilement à un courant incarné par un homme (ou une femme !).

Jean-Luc Melenchon et la France Insoumise, Emmanuel Macron et son mouvement En Marche… Ils ne partaient pas de grand chose et pourtant l’adéquation entre leur personnalité et les idées qu’ils véhiculaient leur a permis de réaliser de très bons scores. Nicolas Sarkozy a joué un rôle clef dans les scrutins de 2007 et de 2012, aussi bien dans la victoire que dans la défaite. Et même le Parti Socialiste en tant que tel subsiste par la mémoire de François Mitterand. 

Si Benoit Hamon n’aspire pas à être un homme providentiel et c’est tout à son honneur, il l’est malgré lui ne serait-ce que par cette modestie qu’il incarne et qui plait à ses électeurs.

Ça n’est pas pour rien que la droite change régulièrement le nom de son parti à chaque fois qu’elle présente un nouveau candidat, aussi Le Parti Socialiste ferait une erreur en enterrant Benoit Hamon et ses 6 %, pour repartir de rien aux prochaines élections, car le parti en lui même n’incarne plus grand chose.

Valls et Hamon, même combat ?

Manuel Valls est un peu dans la même situation que Benoit Hamon dans la mesure où ce dernier a refusé de « tuer » le PS en dépit de sa ligne politique très personnel. Au final c’est Emmanuel Macron qui en a profité en fondant son mouvement En Marche et en prenant la place qu’aurait aimé occuper Manuel Valls.

Benoit Hamon doit donc être très prudent car c’est aussi ce qu’essaye de faire Jean-Luc Mélenchon. A ceci prêt qu’il y a une vrai différence programmatique entre l’un et l’autre, laissant à Hamon ses chances pour reprendre l’ascendant à gauche.

En conservant l’étiquette du Parti Socialiste, Benoit Hamon se tire une balle dans le pied car l’image qu’il incarne se heurte à l’image brouillonne de son parti, d’où la nécessité qu’il prenne le contrôle du PS pour « relooker » celui ci très vite, soit qu’il s’en détache totalement.

C’est évidemment un risque, mais c’est indispensable pour lui et pour les socialistes en général car le PS historique traverse une crise identitaire profonde dont il ne pourra pas se relever.

Si le Parti Socialiste n’est pas encore mort, en tout cas il est condamné ; mais cela ne doit pas effrayer les socialistes bien au contraire ! Ces derniers ont là l’occasion de faire le ménage et de repartir de l’avant avec une base hamoniste porteuse d’espoir, car à la différence des autres candidats à la présidentielle, le projet de Benoit Hamon n’est pas bâti sur fond de rejet.

Ce dernier n’a fait que 6 %… c’est peu… mais encore une fois, ce sont 6 % des gens qui n’ont pas voté « contre le PS » ou « contre la droite en général » mais « pour un futur désirable ».

C’est un score faible pour un parti comme le PS, mais c’est aussi une base solide pour un projet en devenir.

 

 

 

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