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La victoire démocratique de Macron, c’est la défaite de la démocratie avec Macron

Sans surprise, avec 65,9 % des suffrages exprimés, Emmanuel Macron devient le nouveau président de la république française.

Scènes de liesse, foule en délire, à en croire les médias classiques on aurait presque l’impression que c’est tout un pays uni derrière son nouveau président monarque qui va permettre de marquer le début d’une nouvelle ère… progressiste – qu’ils disent.

Pourtant lorsque l’on dresse un bilan objectif de cette campagne on ne peut qu’être sceptique sur son issue :

  • Plus d’un quart de la population qui souhaite un virage plus à gauche mais sans parvenir à se réunir autour d’une candidature commune.
  • François Fillon qui réunit 20 % des suffrages en dépit des affaires qui minent sa campagne alors que ce dernier est toujours présumé innocent.
  • Et enfin 21 % des électeurs qui se tournent vers un Front National radicalement opposé aux valeurs « macronistes ».

Lors d’une élection « classique », le second tour est censé être l’instant de la confrontation entre deux blocs clairement identifiés et l’occasion pour le nouveau président de gagner en légitimité.

Hélas la présence de Marine Le Pen au second tour fausse le résultat final car il ne permet pas de distinguer deux blocs idéologiques clairs.

La leadeuse du Front National a beau vouloir se présenter comme la principale force d’opposition à Emmanuel Macron dans un nouveau clivage Souverainiste / Mondialiste, la vérité c’est qu’elle continue de garder une image associée à toutes une série de valeurs qui n’ont pas leur place en république (racisme, l’antisémitisme, etc etc).

La question n’est pas tant de savoir si Marine Le Pen est véritablement fasciste, mais si, une bonne fois pour toute ce parti ne devrait-il pas être purement et simplement interdit quand on voit l’instrumentalisation qui en est faite et les effets pervers qu’il entraîne dans le processus électoral ?

A l’arrivée, Emmanuel Macron a remporté le « jeu démocratique », profitant d’une conjonction des astres favorables ; en revanche c’est la démocratie elle même qui en prend en sacré coup avec l’élection d’un homme qui ne représente que 24 % des électeurs soit à peine 8 000 000 des français.

On pourrait se dire qu’à chaque présidentielle c’est pareil, que c’est un score correct pour un premier tour. Sauf que Macron incarne la continuité d’une ligne idéologique très fortement rejetée, et qu’il n’a pas eu besoin pour l’emporter au second tour de se rapprocher d’un camp ou d’un autre en se positionnant clairement.

On peut donc s’attendre à ce qu’il n’y ait pas « d’état de grâce » pour le nouveau président qui aura très probablement une popularité en berne dès le début de son mandat.

Finalement on pourrait presque se demander si les émissions de télé-réalité ne sont pas plus « modernes » dans leur processus de désignation des vainqueurs.

Tapez 1 ou 2 sur votre téléphone pour éliminer tel ou tel candidat : en imaginant un tel système de désignation on aurait pu avoir un résultat sans doute plus proche de la volonté réelle du peuple.

 

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