Politique

Les partis politiques, indispensables au bon fonctionnement de la vie démocratique.

Depuis l’élection du président Macron, on entend régulièrement cette idée comme quoi il faudrait dépasser les clivages de ces vieux partis politiques qui seraient responsables de tout les maux.

Les partisans d’En Marche soutiennent l’idée que les partis ont fait leur temps et qu’il faudrait tous ensemble se rassembler pour aller de l’avant.

Sur le papier l’idée est séduisante, tout le monde en a marre de cette logique parlementaire qui consiste à voter systématiquement pour ou contre une loi en fonction du camp qui la propose.

On aimerait que les députés votent selon leur conviction et non pas en fonction des consignes qui leurs sont données.

L’idée d’Emmanuel Macron consiste à suggérer qu’il n’y aurait qu’un chemin, qu’une façon d’aller de l’avant et que l’un des problèmes majeurs dans ce pays c’est la logique des appareils politiques qui créé des blocages.

Une confusion habilement entretenue.

En pointant du doigt les partis politiques, on en oublierait presque que ce qui provoque les blocages à l’assemblée nationale ce ne sont pas les partis en eux même mais les différents groupes parlementaires.

Traditionnellement, les parlementaires issus d’un même parti constituent ensemble un groupe à l’assemblée nationale vu qu’ils sont censés partager des idées proches. Le PS et les républicains sont littéralement en train d’exploser entre ceux qui veulent adhérer au groupe de la majorité présidentielle, et ceux voulant constituer des groupes d’opposition.

Du coup, même si on aimerait donner l’impression d’une grande union nationale qui transcende les partis dans un élan « progressiste », sur le fond rien a changé, il y aura toujours des groupes parlementaires d’opposition qui chercheront à bloquer le gouvernement lors des sessions parlementaires.

D’où l’importance pour le président Macron d’obtenir une majorité à l’assemblée nationale si il espère vraiment pouvoir appliquer sa politique. Une faible Majorité Présidentielle, quand bien même elle réussit à débaucher des socialistes, des républicains, des communistes et des souverainiste, ça reste toujours une faible majorité.

La stratégie politique du floutage pour optimiser les chances de réussite.

La technique du président Macron est assez habile, profitant des errements idéologiques des deux partis historiques (PS et LR), il multiplie de fait les probabilités d’avoir sa majorité à l’assemblée.

Dans une circonscription donnée, il faut savoir que les candidats EM, LR ou PS sont autant de candidats susceptibles de rejoindre le groupe de la majorité présidentielle.

Cela oblige l’électeur à d’avantage de prudence avant d’aller glisser son bulletin dans l’urne car ce dernier pourrait voter « Macron » sans même le savoir. Si les citoyens les plus politisés auront pris la peine de s’informer, beaucoup ont tendance à voter par tradition pour une famille politique.

Par exemple, un électeur votant traditionnellement PS doit bien avoir que voter Benoit Hamon aux présidentielles c’est radicalement différent que de voter PS aux législatives dans une circonscription où le candidat socialiste annonce vouloir être dans la majorité présidentielle.

Des partis politiques instrumentalisés.

Il faut bien comprendre qu’un parti a un rôle dans la vie politique de ce pays : il rassemble et fédère des hommes et des femmes partageant des convictions communes de tel sorte qu’il permet d’éclairer l’électeur au moment d’aller voter.

Il est difficile de connaître la position de tel ou tel candidat sur chaque sujet, ainsi l’investiture d’un parti politique est censée servir de garantie pour l’électeur connaît au moins la ligne directrice du parti en question.

On porte sur les partis politiques la responsabilité de ce qui va mal mais la faute incombe d’avantage aux cadres des partis qu’aux partis en eux même.

A trop vouloir rassembler des adhérents, les partis historiques comme le PS ont fini par multiplier les divisions internes en oubliant la définition même d’un parti politique qui est la « réunion d’hommes qui professent la même doctrine politique » pour reprendre les termes de l’essayiste Benjamin Constant.

Le parti politique n’a pas vocation à devenir une mafia où l’on se succède de père en fils et où l’on reste pour « la famille » ; au contraire il doit être un lieu de rencontre où l’on peut aller et venir suivant nos aspirations du moment et notre capacité à élaborer un projet commun.

Par conséquent les partis historiques (PS et LR), si ils veulent continuer à exister ; devront tôt ou tard trancher dans le vif en excluant systématiquement tout ceux qui veulent approcher « la Majorité Présidentielle ».

Pas par esprit de vengeance, ni par méchanceté, mais tout simplement car ces partis ont un travail idéologique à faire sur eux même, afin de redéfinir une identité et projet commun autour duquel fédérer une nouvelle génération de militants.

Si un parti par orgueil, se complaît à rassembler des adhérents de tout bord, où si il hésite par « pitié » à exclure les éléments perturbateurs, alors il perd son identité, sa cohérence et surtout : sa raison d’être.

Un parti politique au sein duquel les divergences sont trop importantes et trop nombreuses pour créer une émulation positive, c’est comme un brainstorming avec des gens ne parlant pas la même langue.

 

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