Politique

Diviser pour mieux régner, la stratégie de Macron.

Avec 313 députés élus et la majorité absolue à l’assemblée, on aurait pu croire que tout était joué pour LREM. Emmanuel Macron a une assemblée acquise à sa cause et il ne lui reste plus qu’à mener sa politique sur le charnier de l’opposition.

Mais lorsqu’on a l’ambition de rénover la vie politique du pays, avoir la majorité ne suffit pas, si l’on en croit le triste spectacle qui se joue à l’assemblée nationale.

la Constitution de 7 groupes…

Au sein de l’Assemblée Nationale, les députés peuvent se regrouper par affinités politiques et constituer des groupes. Ces groupes doivent inclure au moins 15 députés et disposent de divers avantages leur permettant d’exister au sein de l’assemblée.

C’est ainsi qu’habituellement on retrouve un groupe d’extrême gauche, un groupe de gauche, un groupe de centre-droit et un groupe de droite (l’extrême droite ne parvenant pas à réunir suffisamment de députés pour constituer son propre groupe).

La nouveauté cette année c’est la présence de 7 groupes à l’assemblée nationale ce qui montre la profonde division au sein du pays suite à l’élection d’Emmanuel Macron :

  • Gauche démocrate et républicaine
  • La France Insoumise
  • Nouvelle Gauche
  • La République en Marche
  • MODEM
  • Les Constructifs
  • Les Républicains

A noter l’absence d’un groupe pour le Front National en dépit de ses 20 % obtenus au premier tour des présidentielles, et l’absence d’un huitième groupe qui était souhaité par Manuel Valls pour incarner la droite de la gauche.

A priori donc, nous sommes en présence d’une assemblée diversifiée avec un grand nombre de formations ce qui promet un bel exercice démocratique dans les années à venir. Et pourtant à y regarder de plus près, on se rend vite compte que tout n’est pas aussi simple.

…pour pas grand chose.

Concrètement à gauche,

il y a toujours eu deux groupes bien distincts : les communistes d’un coté et les socialistes de l’autre.

Au cours des dernières élections le PS a été durement fractionné entre ceux voulant partir chez En Marche et ceux basculant chez les Insoumis. La déconfiture du PS s’est poursuivie aux législatives avec la perte de centaines de postes de députés.

Là où le bas blesse c’est que « la gauche en général » est plus affaiblie que jamais or malgré le revers sans précédent qu’elle a pris aux législatives, ce ne sont pas moins de trois groupes qui se sont reformés : FI / NG / GDR.

Cela n’augure rien de bon, car à eux trois ces groupes totalisent à peine 60 députés.

Si il ne reste plus que 10 % de nos députés qui souhaitent une politique plus à gauche que celle annoncée par Macron, ne serait il pas temps que ces 10 % parviennent à trouver un terrain d’entente pour travailler ensemble ?

De toute évidence à gauche, on aime afficher sa différence et « pinailler » sur tout et sur rien ; mais il va bien falloir qu’à un moment où un autre il y ait une prise de conscience sur des priorités qui pourraient fédérer ces formations.

A droite, c’est l’explosion,

Les Républicains espéraient dresser une ligne Maginot entre eux et En Marche, cela a échoué. Le problème étant qu’entre la politique d’Emmanuel Macron et celle préconisée par la droite il n’y a guère de différence de fond.

Raboter le code du travail, pour offrir plus de compétitivité à nos entreprises en leur offrant plus de flexibilité… c’est toujours le même principe.

Les Républicains ne peuvent pas non plus droitiser d’avantage leur discours avec des thèmes identitaires sans courir le risque de trop tendre vers le Front National.

Du coup avec LREM, MODEM, les Constructifs et les Républicains on a la désagréable l’impression de se retrouver avec une multitude de groupe qui n’ont guère de désaccord entre eux sur le fond.

Des groupes inutiles ? Pas pour tout le monde.

Là où se trouve l’astuce, c’est qu’en laissant émerger des groupes artificielles entre En Marche et les partis traditionnels, Macron espère incarner à la fois la Majorité et l’opposition en même temps !

La Gauche serait Manuel Valls et son courant soi disant de gauche « progressiste », et la droite serait le MODEM, soit Les Constructifs pour les plus sceptiques.

Dès lors qu’on est en désaccord avec la ligne majoritaire, alors on est invité à rejoindre ces groupes godillots sous peine de se retrouver marginaliser aux extrémités de l’assemblée.

Avec cette sémantique assez intéressante en fait qui en dit long sur la façon de faire : les socialistes « macron-compatibles » se disent « progressistes » quand les républicains « macrons-compatibles » se disent « constructifs ».

Dans ces termes on retrouve toujours cette idée selon laquelle il faut aller de l’avant (En Marche) et qu’il n’y aurait de toute façon qu’un seul chemin tout tracé vers lequel il faudrait tendre.

Ainsi l’opposition de posture est tolérée, pour assurer le spectacle. En revanche l’opposition franche est mal perçu, comme étant un frein, une volonté de nuire au pays sur le chemin d’une pseudo vérité.

Ainsi lorsque Macron, aura en tête un projet de loi, il n’aura qu’à le faire avec sa majorité tout en se payant le luxe de laisser sa gauche et sa droite discuter pour assurer le show. Nul doute qu’avec un peu de complicité des médias, on entende même plus parler de ces hommes et ces femmes politiques, de gauche comme de droite, qui auront refusé de donner leur confiance à ce gouvernement en faisant le choix de rester dans une vrai opposition.

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