Politique

En quoi le revenu universel est il un compromis social-réaliste ?

En France aujourd’hui encore il y a deux camps qui s’opposent : celui des réalistes et celui des utopiques.

Les premiers se veulent raisonnables face à la situation économiques du pays ; ils veulent réformer le pays en allégeant le code du travail, en réduisant la dépense publique, afin de gagner en compétitivité et de garder un état fort dans la mondialisation… au détriment d’une partie de la population.

Les seconds s’offusquent de la situation actuelle et veulent renverser la table. Taxer le grand capital, ré-hausser les salaires et donner un travail décent à tout le monde quitte à retenir les entreprises de force. Quitter l’Europe et fermer les frontières ne leur fait pas peur, pas plus que sortir dans la rue et paralyser le pays dans un bras de fer permanent. Mais le rejet pur et dur d’un système ne tient pas face à une réalité parfois cruel.

C’est entre ces deux camps que se place le M1717, avec une volonté de réconcilier les contraintes du réalisme avec la volonté d’une idéal. Le revenu universel, comme un symbole, est l’une des mesures phares de cet idéal tant il colle parfaitement aux aspirations sociales d’un coté, et aux contraintes économiques de l’autre.

Le revenu universel est il compatible avec le libéralisme ?

J’ai souvent croisé ce type de questionnement autour de moi… les détracteurs n’hésitaient pas à qualifier le revenu universel d’anti-libéral, voir anti-capitaliste.

L’idée de verser une somme d’argent à tout les français, sans contrepartie, parait être une folie tant elle génèrerait une foule d’assistés. Plus d’entrepreneur, plus d’innovation, plus de création de richesse… chacun restant chez soi bien tranquillement en attendant que ça se passe.

Il ne faut pas oublier une chose cependant, c’est que le moteur des modèles économiques occidentaux, ce n’est pas tant le gout du travail que la propension au consumérisme ! Il n’y a qu’à voir l’état du marché aujourd’hui pour se rendre compte que l’homme désire, plus qu’un travail, pouvoir consommer tout et n’importe quoi.

La meilleure télé, le dernier téléphone à la mode, la plus belle voiture. L’instauration du revenu universel n’aurait pas vocation à combler tout ces besoins superficielles mais au moins les besoins primaires.

A partir de là, le revenu universel est foncièrement libéral dans le sens où il permet à chacun d’adapter sa quantité de travail en fonction de son envie de consommer.

Aujourd’hui l’Homme n’a pas le choix, il doit travailler pour vivre dans une société où le travail se raréfie ; du coup il y a constamment une tension sur le marché du travail et un chômage structurel qui se forme permettant aux uns de s’enrichir en tirant sur la corde de ceux travaillant toujours plus et plus longtemps pour gagner moins.

Ce qui créé un paradoxe puisqu’on met un couteau sous la gorge des classes populaires pour que celles ci fournissent toujours plus de travail (lutte contre « l’assistanat ») mais dans le même temps les entreprises font bien comprendre qu’elles n’ont pas besoin de cette main d’œuvre humaine puisqu’elles préfèrent délocaliser, soit les remplacer par des machines.

Forcer la rencontre entre une main d’œuvre précaire et des entreprises qui n’en ont pas besoin. C’est l’anti-thèse même du libéralisme, c’est une forme de despotisme dans la mesure où l’on contraint les puissants à écraser les faibles pour rester puissants.

Un Etat responsable ne peut se contenter d’être un partenaire des entreprises contre le peuple, et inversement il ne peut être l’allié du peuple contre les entreprises.

Un Etat responsable est un Etat qui doit permettre à chacun d’entreprendre, de réussir, et de s’enrichir… mais dans le même temps il doit veiller à laisser la liberté à ceux qui le souhaitent, de ne pas prendre part à ce système dont la fonction première est de pousser à toujours plus de consumérisme.

Qu’ils entreprennent ces jeunes dirigeants de start-up, qu’ils prennent des risques ces tradeurs si ils le souhaitent. Ils auront plus ou moins de réussite leur permettant d’aller flamber sur les plages d’Ibiza si ils le souhaitent.

Mais pour ceux que ça n’intéressent pas ? Pour ceux qui sont prêt à aider si on a besoin d’eux, qui aiment rendre service, voir même à travailler en se rendant utiles, mais sans subir le stress, la pression, et qui n’aspirent en fin de compte qu’à profiter de la vie autour d’un bon verre et entre amis ? Ceux qui ont sans doute le moins de besoins, le moins d’envies farfelus mais en même temps… ceux qui souffrent le plus car on leur demande de devenir des requins malgré eux ?

Le revenu universel une solution réaliste a beaucoup de problème.

Ne faisons pas croire qu’il est possible demain de ponctionner en grande partie le Capital pour permettre à tout le monde d’être égaux.

Il y aura toujours des riches, et toujours des pauvres, ça n’est pas gênant car ça contribue à la production de richesse.

Le plus gros problème c’est la colère engendrée par ces inégalités et la frustration d’une partie de la population à qui l’on demande toujours plus de sacrifices et qui peine pourtant à assurer simplement ses besoins primaires.

Un jeune de moins de 25 ans doit cumuler les petits boulots, en plus de ses études longues, pour espérer vivre modestement et à sa condition précaire on lui expliquera que la faute vient d’une dette colossale…et pourtant bien moins grande que le chiffre d’affaire d’une multinationale comme Total.

Le rôle de l’Etat est d’assurer le minimum syndical à tous pour vivre, charge à lui de répercuter ce coût sur le profit de ceux qui cherchent à s’enrichir. Libre à lui ensuite d’assouplir le code du travail et d’offrir à ces entreprises une plus grande liberté, après tout la protection des salariés n’est plus aussi indispensable si ces salariés touchent un revenu universel qui leur permet de vivre entre deux emplois.

Mais mettre à disposition des multinationales, une main d’œuvre docile et rabougris, pour laquelle les entreprises feront la fine bouche tant ils ont l’embarras du choix, ça n’est pas du socialisme, ni du libéralisme… ça s’apparente plus à une forme d’esclavagisme moderne.

 

 

 

 

 

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