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Le non-dit du terrorisme, la véritable solution ?

Vendredi 23 mars 2018, dans une petite commune de l’Aube,  la France est une nouvelle fois frappée par le terrorisme qui aura fait 4 morts et plonger la nation dans le deuil.

Une tragédie, dans la continuité des massacres de Charlie Hebdo, du Bataclan et j’en passe tant ces événements prennent un gout amer de fatalité…on finirait presque par s’y habituer tant on a un sentiment de répétition ; et pourtant ce type d’attaque comme celle de Trèbes se démarque par le caractère relativement artisanal des moyens mis en oeuvre.

Il ne s’agit plus de faire dans le « spectaculaire », peu importe le nombre de morts, le lieu ou l’armement utilisé ; désormais nous sommes entrés dans l’ère du terrorisme low-cost où n’importe quel fada peut prendre ce qu’il a sous la main, pour faire des morts et obtenir ce qu’il veut à savoir : une couverture médiatique.

Le buzz, véritable enjeu du terroriste.

DAESH et les terroristes ont beau expliquer qu’ils sont en guerre contre la France et l’occident plus généralement, il ne faut pas se voiler la face, à aucun moment ils n’ont vraiment eu l’espoir de l’emporter.

Notre supériorité ne fait aucun doute sur le plan militaire et technique, aussi le but des terroristes est, comme leur nom l’indique, d’instaurer un climat de terreur pour remporter une victoire psychologique, la seule à laquelle ils peuvent réellement prétendre.

C’est la raison pour laquelle DAESH est passé maître dans l’art de manipuler les médias, les réseaux sociaux, tout l’arsenal de propagande pour convertir les foules, ébranler les mœurs des nations civilisées et manipuler les masses… du prosélytisme moderne en quelque sorte.

Des tentatives de riposte, parfois farfelues.

On aura beau tout tenter pour endiguer le phénomène, rien n’y fait : que ce soit les fameux centres de « dé-radicalisation », les renforcements dans les contrôles des fichés S ou l’annonce d’une énième reconduction de l’état d’urgence, la vérité (et Trèbes nous le prouve), c’est qu’à tout moment et en tout lieu, un taré peut sortir de chez lui pour tuer une poignée de passant en hurlant Allahu akbar, il sait qu’il aura la résonance médiatique recherchée.

On en vient donc à proposer des mesures toujours plus fortes, et plus radicales comme l’enfermement des fichés S par exemple ou leur expulsion ; sauf que par définition le fiché S est celui qui n’a rien fait !

La DGSI émet des fiches S sur les personnes susceptibles de représenter une menace mais il faut bien comprendre que ce sont des outils établis sur des bases totalement objectives qui ne peuvent servir de fondement à une condamnation.

On pourrait mettre des fiches S à ceux qui vont à la mosquée, puis à ceux qui ne mangent pas de viande ? Puis après pourquoi pas ficher les barbus, ceux à l’accent méditerranéen et au teint mat ? Restons sérieux un instant, il est impossible de mettre en détention toute personne susceptible, un jour, de commettre un acte criminel sans quoi à ce compte là toute la population française est concernée.

Le problème avec les terroristes, c’est justement qu’au moment où ils passent à l’acte et deviennent condamnables, dans le même temps ils mettent fin à leur jours évitant ainsi la justice républicaine.

Au fond le pouvoir politique est impuissant et ne peut qu’essayer de rassurer la population avec des annonces symboliques mais il sait bien qu’il ne peut empêcher qu’un nouveau drame ne survienne.

Le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme de demain c’est par l’éducation et une meilleure insertion dans la vie active pour dissuader les jeunes générations de plonger dans le radicalisme religieux.

Et le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme d’aujourd’hui… il est non-envisageable pour des raisons mercantiles !

Les médias, au centre de tout

Comme nous l’avons vu précédemment, le terrorisme frappe partout, à tout moment, sans crier gare. Elle est loin l’époque du 11 septembre 2001 où il fallait détourner deux Boeing pour obtenir l’attention des médias.

Aujourd’hui, il suffit d’un véhicule, d’une arme blanche, ou tout autre objet contondant pour obtenir la résonance médiatique souhaitée.

Grâce (à cause…) aux chaines de télévision en continue comme BFM TV ou C-News vous savez que de toute façon, vous obtiendrez un écho dès lors que vous aurez assassiner une personne en vous revendiquant de l’état islamique.

Cela facilite grandement le passage à l’acte du terroriste qui n’a plus besoin de chercher à frapper fort ou à taper dans le symbolique ; ce qui rend la menace  omniprésente.

On sent bien chez les médias qu’il y a un malaise et des discussions dans les rédactions sur la manière de traiter l’information et il en ressort d’ailleurs, des modifications dans le traitement des attentats.

Par exemple, on évite aujourd’hui de diffuser la photo d’un terroriste ou même le nom pour ne pas glorifier le meurtrier ; cependant rien ne dit que les terroristes de DAESH sont à la recherche d’une reconnaissance à titre personnel.

Bien au contraire, on peut supposer qu’un mégalomane en quête de célébrité commettra des crimes en son nom propre plutôt qu’en revêtant l’habit déjà fort rougit d’une organisation terroriste dont le nom pèse déjà plus fort médiatiquement parlant.

Les journalistes optent alors pour une nouvelle stratégie, plus optimiste, en mettant en avant le nom d’un héros national comme celui de l’officier Arnaud Beltrame ayant courageusement donné sa vie pour sauver un otage.

Cela peut donner du baume au cœur, on est fier et on se sent ragaillardi en pensant à ce que ce héros a fait… peut être, mais cela n’empêchera pas la tristesse des familles aujourd’hui en deuil et la crainte d’être un jour touché à son tour par le terrorisme.

La vérité c’est que le seul moyen pour réduire le nombre d’attentat de manière significative serait justement de ne plus médiatiser ce type d’attaque tout court.

Cette recherche permanente des médias pour « romancer » des événements tragiques de la sorte, c’est une façon assez hypocrite de noyer le poisson car au fond ils jouent le jeu des terroristes en leur donnant l’écho médiatiques dont DAESH se nourrit sournoisement.

Je n’irai pas jusqu’à parler d’une complicité volontaire entre les médias français et les terroristes (ça serait y aller fort), néanmoins force est de constater que le but premier d’une chaîne de télévision est de faire de l’audimat pour augmenter ses revenus publicitaires.

Or BFM-TV (pour ne citer qu’elle) fait plus d’audience lors d’un direct sur des attentats comme celui de Trèbes, que si elle faisait un reportage sur la restauration du vieux clocher dans une petite ville de campagne.

A aucun moment il ne sera exclu de traiter cette information sous couvert de la liberté de la presse et du besoin d’informer la population ; ce que je peux comprendre étant moi même un fervent défenseur de la liberté de la presse.

Néanmoins, lorsque l’omniprésence des médias dans nos sociétés contemporaines, peut avoir directement une répercussion sur la vie des français en favorisant les passages à l’acte terroristes, ne serait-il pas légitime de se poser des questions sur le bien-fondé de l’information ?

Il pourrait être intéressant, de faire l’expérience, de réduire au maximum le temps d’antenne consacré à ce genre d’événement pour voir les répercussions… y-aurait il autant d’attentat si les médias ne s’en faisaient plus l’écho, ou juste quelque ligne dans la rubrique « fait divers » ?

DAESH existe, DAESH fait des morts, l’information est déjà donnée et connue de tous. Dès lors pourquoi ne pas se contenter d’un rapport mensuel faisant état du nombre d’attentats déjoués et du nombre de morts sans forcément rentrer dans les détails sordides de chaque attaque jouant le jeu des terroristes ?

Des centaines de français meurent chaque jours de maladie, d’accidents ou autres sans qu’on en fasse état dans la presse… Alors pourquoi faire un déballage aussi exhaustif d’un attentat comme celui de Trèbes ?

  • Propager le message de terreur de l’état Islamique
  • Augmenter les revenus publicitaires de la chaine
  • Assouvir des besoins voyeuristes d’une partie du publique (comme ceux qui ne peuvent s’empêcher de tourner la tête en passant à coté d’un accident de voiture)

pour obtenir ces résultats, le prix a payer est finalement bien lourd.

 

 

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