Politique

Pourquoi la convergence des luttes n’arrivera pas.

Cheminots, étudiants, ZADistes, les mouvements hostiles à la politique d’Emmanuel Macron se multiplient et ça n’est pas l’intervention du président de la République au 13 h de Jean-Pierre Pernaut qui y changera quoique ce soit.

Du coté de l’Élysée, on attend patiemment un épuisement des mouvements de contestation pour pouvoir continuer tranquillement l’enchaînement des réformes.

Du coté de la contestation, on espère la convergence des luttes, sorte de big-bang révolutionnaire né de la réunion des différents mouvements sociaux qui tendraient vers un front commun contre le pouvoir en place.

Un espoir légitime…

Sur le principe on peut comprendre cette espérance en la convergence des luttes :

  • accroissement des inégalités
  • précarisation des travailleurs
  • dégradation des conditions de travail

Les raisons sont nombreuses pour conduire à un ras le bol général au sein de la population contre la politique d’austérité d’Emmanuel Macron.

Une tendance à l’austérité qui remonte à plus loin d’ailleurs, pas une journée ne se passe sans qu’on entende parler de « crise », de « dette », devant conduire à toujours plus d’efforts pour les classes populaires pendant que dans le même temps les multinationales continuent d’engranger des super bénéfices.

C’est là tout le paradoxe de l’affaire où ce sont les couches populaires qui sont toujours plus amenées à se serrer la ceinture sans jamais voir le signe d’une éclaircie, et en même temps les puissants de ce monde continuent de s’enrichir avec la menace qu’ils font peser de partir si jamais on ne va pas dans leur sens.

…mais un espoir vain

Le problème étant que pour qu’il y ait une convergence des luttes, il faudrait qu’il y ait une solidarité entre les différents secteurs et la reconnaissance d’un intérêt commun.

Or les français ont fini par assimiler avec un certain fatalisme le fait que nous étions dans une crise perpétuelle et dans un monde immuable contraignant à des politiques toujours plus austères.

Il n’y a qu’à voir le succès de Sarkozy en 2007 qui promettait une saignée, puis Macron en 2017, sans oublier Fillon qui, avant ses problèmes judiciaires, réussissait une percée impressionnante sur le terme de la rigueur.

La rigueur et l’austérité font recette auprès de l’opinion et tout ceux cherchant à exploiter d’autres terrains alternatifs sont taxés de populisme (devenu la nouvelle insulte tendance pour disqualifier un adversaire politique).

Ainsi, chacun est intrinsèquement persuadé qu’il faille plus de rigueur et d’austérité… mais pour les autres.

C’est là tout le nœud du problème, au fond les retraités sont déçus d’avoir été taxés par Macron, mais ils comprennent tout à fait qu’on tape sur « les cheminots aisées » ; les jeunes manifestent contre la loi O.R.E mais comprennent qu’on demande un effort aux anciens.

Chacun défend son propre steak, dans une société de plus en plus individualisée ; et si chacun refuse le sort que le gouvernement lui réserve, en revanche il trouve son compte dans le fait d’aller se servir chez le voisin.

Car ce n’est pas le plan global de Macron qui est remis en cause, bien au contraire celui ci fut approuvé le 07 mai 2017 lors du résultat du second tour de l’élection présidentielle.

La vrai convergence des luttes, c’est aux présidentielles qu’elle se joue.

Nous ne sommes plus en 1995, encore moins en 1968 ; aujourd’hui avec les réseaux sociaux et l’omniprésence des médias, les chances pour qu’un président soit élu un peu par hasard sont minces.

Sans connaître avec exactitude le programme de Macron, tout le monde savait à peu près quelles orientations économiques ce dernier allait prendre.

D’ailleurs les vagues de contestations n’ont rien de surprenant lorsqu’on sait que plus de 50 % de la population ne voulait ni de Macron, ni de Fillon au premier tour (Les deux candidats proposant de redresser l’économie française au détriment des classes populaires).

Malgré cela, ça n’a pas empêché l’élection du candidat des riches tant les partisans d’un changement radical de politique étaient divisés. Cette division on la retrouve aujourd’hui dans les luttes, dans le front syndicale, dans la société plus généralement et à partir de là on voit mal une convergence des luttes se mettre en place.

Au fond, la dernière grande convergence des luttes n’a pas eu lieu en 1995, ni même en 2006 avec la lutte contre le CPE, mais en 2012 avec l’élection de François Hollande à la tête du pays.

Nous aurions pu avoir Strauss-Kahn sans l’affaire du Sofitel, nous avons finalement eu l’émergence de François Hollande qui est arrivé comme le messie alors qu’un an auparavant personne encore n’aurait pu imaginer qu’il ait la moindre chance.

Si il remporta ces élections, ça n’était pas uniquement dû à son allure, sa prestance ou même la finesse de son programme électoral ; mais il dut principalement sa victoire à une convergence des luttes, de toutes les forces de gauche qui s’étaient réunies alors avec un objectif commun qui était celui de faire tomber Nicolas Sarkozy.

Nous sommes bien loin aujourd’hui d’avoir une convergence des luttes pour faire tomber Emmanuel Macron, car pour cela il faudrait que tout ceux qui manifestent aujourd’hui le veuillent… et qu’ils y croient.

Or aujourd’hui, on est bien loin d’imaginer Macron se retirer… et ce qui lui succéderait ensuite.

 

 

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2 commentaires sur “Pourquoi la convergence des luttes n’arrivera pas.

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