Politique

L’union des gauches, ça urge !

Voila maintenant plusieurs semaines que dure le conflit social et concrètement où en sommes-nous ? Le président Macron reste ferme et poursuit inlassablement le train de ses réformes, multipliant de-ci de-là les provocations à l’égard de ceux qui ne sont rien.

Dernièrement l’annonce de la suppression de l’exit-taxe, un cadeau octroyé aux évadés fiscaux censé motiver les entrepreneurs à venir puisqu’ils pourront repartir plus facilement… (cherchez l’erreur)

Plus récemment encore, la petite pique lancée aux allocataires d’APL qui aura fait bondir toute la classe politique… et il y a de quoi. Macron instrumentalisant le sacrifice du colonel Beltrame en expliquant qu’à coté de lui, ceux qui déplorent la baisse des apl sont des moins que rien.

Rien de nouveau en somme, Emmanuel Macron poursuit sa droite ligne consistant à expliquer à chaque français que c’est chacun pour soi : les meilleurs s’en sortiront quand aux autres ils peuvent crever la gueule ouverte.

Le problème étant que 40 % de la population française est d’accord avec ce postulat et qu’en face l’opposition peine à se retrouver.

Une base solide quoiqu’on en pense

En partant du principe que les instituts de sondage ne sont pas tous des instruments de propagande à la solde de l’état comploteur, il faut se faire à l’évidence, l’exécutif tient bon.

Là où François Hollande avait très clairement donné le sentiment de trahir sa base électorale, ce qui a provoqué son décrochage net dans l’opinion, Emmanuel Macron fluctue assez peu dans l’opinion.

Le président profite incontestablement de la cohérence entre son programme lorsqu’il était candidat et de sa politique depuis qu’il est élu ; on peut lui accorder cette qualité, il dit ce qu’il fait et quand bien même certaines mesures n’étaient pas directement annoncées lors de la campagne, elles restent dans la même ligne directrice.

Du coup il faut se rendre à l’évidence, pour 40 % de la population française il est tout à fait normal que le marché libéral s’exprime et quand bien même il y a des riches d’un coté et des gens pauvres qui galèrent de l’autre… c’est la vie et c’est très bien comme ça.

Une opposition dans la réaction plus que dans l’action.

Que ce soit dans la rue, sur les réseaux sociaux ou dans les médias classiques, on en finit plus de voir les politiques critiquant au jour le jour la politique d’Emmanuel Macron.

A chaque nouvelle provocation du chef de l’état, on assiste à un florilège de réponses plus cinglantes les unes que les autres pour dénoncer des propos jugés injustes, arrogants ou méprisants.

On retrouve un peu la stratégie qui a fait ses preuves entre 2007 et 2012 avec la montée d’un bloc « anti-macron » comme on a eu « l’anti-sarko », permettant l’émergence sans grand engouement d’un François Hollande qui dût d’avantage sa victoire à la défaite de Sarkozy qu’à l’adhésion autour de sa propre personne.

Sauf que pour que cette stratégie fonctionne de nouveau encore faudrait-il constater un affaissement de Jupiter ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle les différentes forces d’opposition vont devoir tôt ou tard dépasser les postures de contestations et converger, non pas dans les rues, mais dans l’élaboration d’un projet commun d’opposition concrète à la politique menée par l’actuel président.

C’est un peu ce que cherchait à faire Jean-Luc Mélenchon lors des dernières présidentielles en fédérant autour de son programme de l’avenir en commun, néanmoins ce dernier a échoué en ne parvenant pas à se hisser au premier tour. C’est aussi ce que cherche à faire Benoit Hamon avec la création de son mouvement Génération-S qui peine à prendre de l’ampleur au delà de la base de ceux ayant votés pour lui aux présidentielles.

Nous sommes actuellement dans une sorte de bataille de tranchées où l’illusion d’une convergence naît d’un rejet commun de la politique menée par le gouvernement, mais où chacun reste au fond profondément ancré dans sa zone de confort.

En témoignent les partis traditionnels (PS – LR) totalement vidés de leur substances idéologiques et considérés par à peu près tout le monde comme des coquilles vides… et pourtant ces derniers continuent de s’évertuer à donner le sentiment d’être encore en vie.

Certes, nous sommes en 2018 et Emmanuel Macron est encore au pouvoir jusqu’en 2022  ; néanmoins après une année de mandat, les appareils politiques restent en bien mauvais état et si ils continuent de suivre le calendrier harassant de l’exécutif, en se contentant de répondre au jour le jour à chaque nouvelle provocation de l’Élysée, on se demande à quel moment ils pourront travailler à l’élaboration d’un projet commun contre l’ordre établi.

Il ne faudrait pas s’y prendre au dernier moment… sans quoi nous risquerions fort de déchanter en 2022 lorsque nous devrons une nouvelle fois faire notre choix entre une multitude de candidats d’oppositions diverses, qui échoueront face à une base macroniste certes minoritaire, mais unie derrière son champion.

 

 

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