Critique film

« Rampage – Hors de Contrôle » : Un bon gros film de monstres, primitif et divertissant.

Adapter un jeu vidéo sur grand écran, c’est loin d’être évident et ça donne souvent des films décevants

Fichier.

Pour autant le film dont nous faisons la critique aujourd’hui réussit assez bien son coup en adaptant le jeu vidéo « Rampage » sortit sur borne d’arcade dans les années 80.

Il faut dire que le défi n’était pas si compliqué pour le réalisateur Brad Peyton, en adaptant au cinéma un jeu vidéo dont le but se résume à contrôler 3 grosses bestioles pour détruire une ville, il était difficile de se louper.

Du coup, on a le droit à une adaptation fidèle au jeu d’origine, avec un scénario qui ne vole pas bien haut, mais qui répond aux attentes du spectateur amateur du genre, celui des grosses bébêtes géantes qui ravagent tout sur leur passage à la manière d’un King Kong ou d’un Godzilla.

Des effets spéciaux à couper le souffle…

Visuellement parlant, blockbuster américain oblige, le rendu est bon ! Les effets spéciaux sont omniprésents et réussis, le gorille albinos en image de synthèse est sans doute l’acteur le plus expressif du film et les scènes de destruction dans la ville de Chicago sont jouissives.

Certains plans sont magnifiques et le réalisateur se permet même un petit clin d’œil à King Kong lors d’une scène où le gorille, le loup et le crocodile se mettent à escalader un gratte-ciel.

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Il n’y a pas dire, on se prend une claque visuelle et je n’ai qu’un regret, c’est de ne pas avoir vu la version en 3D qui doit donner une dimension géniale à ce genre de film.

Le seul problème c’est qu’avant d’assister à ce festival d’effets spéciaux en tout genre, il va falloir attendre un loooong moment… trèèèès looong… d’ailleurs il ne faudra pas moins d’une heure de film avant de voir le crocodile montrer le bout de sa queue.

La faute à la mise en place du trame narrative un peu ennuyeuse, justifiant la réunion de tout ce beau monde au cœur de Chicago (eh oui… film oblige… tu ne peux pas décréter que des animaux géants apparaissent comme ça, par magie, au milieu de nulle part !).

Et si l’aspect technique de ce « Rampage – Hors de contrôle » est parfaitement maîtrisé, on peut pas en dire autant sur le plan scénaristique…

…au service d’une intrigue bancale.

Dès les premières images du film, on comprend que quelque chose cloche ; les premiers plans nous montrent une scientifique en difficulté dans une station spatiale !

Pour tout vous dire, lorsque j’ai vu les premières minutes du film, je me suis demandé si je ne m’étais pas purement et simplement trompé de long métrage !

Mais non, en réalité ce sont les vilains de l’histoire qui n’ont rien trouvé de mieux pour dissimuler leurs expériences génétiques que de les mener dans une station spatiale ! Au moins la messe est dite, on apprend que les méchants sont très méchants en plus d’être très cons vu qu’ils n’hésitent pas à dépenser une fortune pour mener une entreprise aussi risquée qui pourrait leur rapporter à peine de quoi éviter la perte.

Outre l’occasion de nous offrir de superbes scènes d’anthologie, il semblerait que le réalisateur veuille nous faire passer un message : « posez votre cerveau un instant et contentez vous d’admirer le spectacle. »

C’est comme un pacte qui est conclu entre le réalisateur et le spectateur dès le début du film : « Nous ne ferons pas les difficiles et accepteront tout et n’importe quoi du moment que le spectacle soit au rendez-vous. »

Dès lors on accepte sans sourciller le fait que Dwayne Johnson incarne un pseudo primatologue dont la seule phrase en rapport avec son métier qu’il dise de tout le film soit la suivante :

Un beau Bullshit, en vérité j’aimerai bien voir ce qui se passerait si notre ami « The Rock » se retrouvait dans une cage avec un tigre et un lion affamés…

Sans compter que… bon… ok un loup et un gorille qui courent main dans la patte ça n’arrive pas tous les jours… mais en même temps le simple fait qu’ils mesurent plus de 5 mètres ça a déjà de quoi interpeller n’importe quel primatologue digne de ce nom.

Fort heureusement, on apprendra bien vite que Dwayne Johnson a un passé dans les :

Ta daaaaaaa

FORCES SPÉCIALES ! 

Du coup on comprend vite avec cette combine que ce dernier peut prétendre à tous les rôles

J’exagère un peu…d’ailleurs j’apprécie l’acteur et son jeu à contre-emploi dans le dernier « Jumanji«  par exemple, qui était à mourir de rire mais là… non, le primatologue qui était dans les forces spéciales comme par hasard, ça n’est pas crédible.

Qu’est ce qu’un ancien des forces spéciales viendrait foutre au milieu de la jungle pour étudier les primates ? Au fond on a le sentiment que cette information arrive comme un cheveu sur la soupe pour justifier qu’il sache piloter un hélicoptère, utiliser un lance-grenade etc etc… ce qui arrange bien le scénario puisqu’il va se retrouver au beau milieu de l’affrontement entre les mastodontes.

Jeffrey Dean Morgan se retrouve lui aussi dans un rôle totalement fumé : un agent du FBI avec des accents de tête brûlée façon Negan (son personnage dans Walking Dead).

Le problème c’est que du coup on a l’impression de voir un mec qui se contrefout de la situation dramatique dans laquelle il se trouve, en témoigne le rictus amusé dont il est affublé sur la plupart des plans.

Je passe sur l’armée clichée au possible, qui sous estime les colosses du début à la fin avant d’envisager le recours à la bombe atomique (ordre interrompu deux minutes avant la fin CQFD)

Je passe aussi sur les méchants complètement cons qui font le choix d’attirer grâce à leur antenne-relais-turbo-magnéto… (TA GUEULE C’EST MAGIQUE !) les trois monstres titanesques sur le toit de leur QG dans le but de… euh… bah ils ne le savent pas eux même…

Un résultat en demi-teinte

Tant d’éléments qui font qu’à l’arrivée on n’arrive pas à éprouver la moindre empathie pour les centaines de figurants qui se font boulotter par les bestioles.

Le scénario a été inventé de toute pièce, car il en fallait un, mais à aucun moment celui ci n’a cherché à être pris au sérieux… tout au plus il est un prétexte pour faire tranquillement lambiner le spectateur jusqu’au moment du grand déballage d’effet spéciaux où les monstres se mettent sur la gueule.

Du coup cela ne fait pas de « Rampage – hors de contrôle » un mauvais film, mais tout au mieux un bon divertissement familial pour ceux qui aiment le genre, qu’on regardera sans prise de tête devant un grand sceau de pop-corn.

On regrettera juste que le réalisateur n’ait même pas pris la peine « d’essayer » de voir plus grand en allant chercher l’émotion chez le spectateur qui en aura pris plein les yeux sur le coup, mais qui n’aura jamais été sensible à un quelconque enjeu tant les protagonistes ont l’air eux même de s’en contrefoutre.

Note

J’aime les acteurs, j’aime le genre, j’aime le réalisme des effets spéciaux.

Du coup je donnerai sans problème un 13/20 à ce film qui m’aura fait passer un bon moment même si je regrette un traitement trop léger au niveau de l’écriture du scénario, un manque de sérieux manifeste qui fait que nous aussi, spectateurs, on a bien du mal à prendre ce film au sérieux.

Fiche Technique

Synopsis

Davis Okoye est un primatologue misanthrope préférant la compagnie des animaux à celui des hommes, notamment un gorille albinos prénommé George avec lequel il partage un lien très fort.

Mais suite à des expériences génétiques qui vont dégénérer, le gorille et deux autres prédateurs (un loup et un crocodile) mutent en d’affreuses créatures gigantesques détruisant tout sur leur passage.

Davis va tout tenter pour stopper cette catastrophe mondiale et venir au secours de son ami primate.

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