Politique

« Pas le choix » : Le mensonge du premier ministre face à la grogne des français.

C’est un coup classique en politique, une habitude depuis quelques années maintenant, faire la sourde oreille face aux revendications populaires et attendre que les mouvements de contestation s’essoufflent.

Il est vrai que ça a plutôt bien marché jusque là quand on pense à la loi travail, à la réforme des retraites ou encore au mouvement de grève à la SNCF.

« On entend rien ! na na na na nèèèèère »

Le problème étant que nous sommes dans une société de plus en plus individualiste où chacun défend son bout de gras sans pour autant venir soutenir son voisin dans son propre combat.

Pire encore, les français ont pris l’habitude de se rallier au gouvernement pour mettre un terme à un mouvement social qui ne les concerne pas directement… comme si on éprouvait un malin plaisir à jouer les « bons élèves » quand on n’est pas soi-même directement dans le collimateur d’une réforme.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement décide d’ignorer la grogne actuel autour du prix des carburants ; il dit qu’il entend, qu’il comprend, qu’il assume… autrement dit il s’en tape et il compte bien laisser courir.

Sauf qu’il commet une grave erreur en sous-estimant le mouvement de contestation qui est en train de se dresser contre lui, car il risque fort de prendre de plein fouet une lame de fond plus importante que prévu.

Un mouvement de grande ampleur à venir ?

Lors du dernier grand mouvement social, j’étais un des premiers à annoncer que la convergence des luttes n’aurait pas lieu.

Et oui, forcément… il était question du statut des cheminots et pour beaucoup de français les cheminots restent des vilains privilégiés toujours en grève.

Ajoutez à cela les politiques et les syndicats qui s’en sont mêlés… eh oui sauf que là encore on a affaire à deux catégories sur lesquels les français n’hésitent pas à casser du sucre dès qu’ils en ont l’opportunité.

Pour qu’il y ait une convergence il faut un élément déclencheur et fédérateur : aujourd’hui ce sont les taxes sur le carburant avec 78 % des gens qui disent soutenir le mouvement.

Il n’est pas tant question de savoir si ce combat est plus légitime ou pas qu’un autre, ce qui compte c’est surtout la résonance qu’il a dans le pays car tout le monde est directement concerné.

Le gouvernement espérait à travers l’écologie créer une scission dans l’opinion, comme il fait habituellement en opposant fonctionnaires contre travailleurs du privé par exemple, sauf que là pour le coup ça ne prend pas. Le premier ministre est inaudible lorsqu’il invoque le rapport du GIEC et l’impératif climatique, car il ment de manière éhontée et les français s’en rendent bien compte.

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« Mais puisqu’on vous répète qu’une assiette neuve ça coûte 400 € et qu’il fallait les changer. On n’a pas le choix ! »

 

Le mensonge du premier ministre

Édouard Philippe a une stratégie : opposer les « progressistes » soucieux de l’environnement d’un côté et les « populistes » irresponsables avec leur voiture qui polluent.

Ainsi il explique « qu’il entend la grogne mais qu’il n’a pas le choix« . Il n’aurait pas le choix… ok… mais pas le choix vis à vis de quoi ?

« Il faut pouvoir inciter nos concitoyens à changer un certain nombre de comportements qui sont problématiques du point de vue des équilibres environnementaux »

Et là on se heurte quand même au nœud du problème ! Concrètement Édouard Philippe fait passer le message qu’il taxe pour changer les comportements des vilains automobilistes qui abusent de leurs voitures, en espérant ainsi cliver la population avec les écologistes.

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Sauf que taxer le carburant n’a strictement aucun effet sur le comportement des gens !

Pour que ça marche, il faudrait qu’aujourd’hui encore il y ait des gens qui prennent leur voiture pour rien… par confort… Sauf que ce préjugé si il était exact il y a 30 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui ! 

Difficulté pour se garer, embouteillages, radars automatiques et contrôle de vitesse, depuis des années maintenant les politiques environnementales et sécuritaires s’enchaînent et rendent la circulation routière déjà très compliquée pour des millions de français.

Des français qui n’ont pas attendu cette année d’ailleurs pour commencer à pratiquer le co-voiturage, le vélib’, le stop, ou recourir aux services de livraison à domicile (qui vont être taxés aussi histoire de s’assurer que tout le monde passe à la caisse.).

Interrogez les français autour de vous et combien vous diront concrètement : « J’ai 50 mètres à faire à pied pour aller à la boulangerie, mais je préfère m’en taper 10 de plus pour aller chercher ma voiture ? »

Une étude du Figaro montre bien que c’est une réalité, les français délaissent les centre-ville de toute façon donc le fantasme des ménages qui prennent leur voiture pour faire 200 mètres par fainéantise, ça ne tient pas debout.

Après, j’entendais une députée LREM qui expliquait sur BFM TV que dans sa circonscription, les français utilisaient leur voiture pour faire des trajets cours.

Eh oui, moi même je fais régulièrement de petits trajets en voiture que je pourrai faire à pied… quand je vais… au SUPERMARCHE ! Sauf que voilà si je prends ma voiture ce n’est pas tant que j’aime sentir l’odeur d’échappement… c’est surtout parce que ma voiture est équipée comme beaucoup d’autres : d’un coffre !

Une des raisons parmi tant d’autres qui requiert l’utilisation d’une voiture qui, en plus de permettre un déplacement d’un point A à un point B, sert aussi à transporter des biens qui ne rentrent pas aussi facilement dans les poches de mon jean.

Donc non, qu’on ne vienne pas nous dire que le gouvernement « n’a pas le choix » des taxes sur le carburant pour faire évoluer les mentalités des gens. D’abord parce que c’est un mensonge, la prise de conscience existe depuis belle lurette et personne aujourd’hui ne prend sa voiture « pour le fun » ; et ensuite parce qu’il aurait bien mieux à faire si il voulait vraiment changer les mentalités.

La taxe à l’acquisition.

Monsieur Philippe et Monsieur Macron, quand ils vont s’acheter une voiture, ils ont sans doute le luxe de regarder le prix, le type de carburant, et la couleur des sièges.

Pour des millions de français au moment d’acheter leur voiture, ils vont sur le bon coin et ils cherchent avant tout une voiture qui va tenir un minimum tout en restant dans les limites du budget.

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C’est encore ce qui se rapproche le plus d’une voiture propre sur le bon coin :/

Quand Monsieur Philippe a l’embarras du choix sur sa voiture, le contribuable a bien souvent le choix de l’embarras.

Dès lors, le mec qui choisit sa bagnole ne nous prendrait-il pas pour des cons quand il choisit de taxer celui qui est mis devant le fait accompli ?

La vrai solution est pourtant simple… pour assurer la transition écologique il suffit de procéder à un renouvellement progressif du parc automobile et pour se faire il suffit de taxer lourdement les véhicules neufs (essence, diesel) polluants et à l’inverse de subventionner les concessionnaires qui vendent des voitures propres.

Ainsi dans 10 ans, le marché de l’occasion sera de plus en plus propre et ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un véhicule neuf finiront eux aussi par passer aux moteurs propres.

Une transformation progressive et automatique de tout le parc automobile français, car si réellement il y a une volonté écologique derrière la politique de Macron, peut être vaut-il mieux renouveler le parc plutôt que d’inciter les pauvres à sauter un repas sur deux au volant de leur diesel.

Non seulement sa solution n’a aucun effet écologique positif, mais elle finit même par créer une défiance de la population vis à vis de la question écologique elle même.

Au fond ce sont qui ceux vont bloquer le 17 novembre qui n’ont vraiment pas le choix.

Non pas qu’ils veulent polluer ou rouler au diesel coûte que coûte.

Non pas qu’ils soient insensibles à l’écologie bien au contraire.

Ce sont surtout des gens qui sont exaspérés par une politique toujours aussi injuste et hypocrite. La taxe sur le carburant n’est qu’une taxe parmi tant d’autres qui s’ajoute aux multiples ponctions déjà faites par ce gouvernement et qui n’offre rien en contrepartie car il faut bien comprendre que pendant que le gouvernement racle les poches des automobilistes, non seulement il ne résout rien aux problèmes du climat mais en plus il se trouve une « caution » pour éluder totalement le sujet. (ben oui à quoi bon plancher sur le réchauffement climatique vu qu’ils ont déjà fait le « nécessaire » en mettant une taxe.)

Un peu la même tambouille que pour le patrimoine français : « pas besoin de s’en occuper car on a créé une taxe là dessus ».

Bientôt le gouvernement pourra essayer de taxer la famine en prétendant que c’est pour l’endiguer… ou alors une taxe sur les sans-abri pour lutter contre le mal-logement…ça marche avec tout ce raisonnement.

Ce qui est sur c’est que le 17 novembre risque fort de surprendre tout le monde car derrière cette histoire de carburant, il y a tout un système, toute une politique qui attise les rancœurs de chacun pour des raisons aussi diverses que variés.

Dans certains pays les réseaux sociaux ont provoqué des révolutions… sans aller si loin en France… on peut se demander si ce n’est pas de là que pourrait venir la grande grève générale que beaucoup pressentent.

 

 

 

 

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