Politique

Benoit Hamon avait-il anticipé la crise des Gilets Jaunes ?

Hier comme près d’un million de français, j’ai suivi le débat proposé par BFM TV sur le thème de la crise des gilets jaunes et comment en sortir.

Au cours de ce débat 4 gilets jaunes échangeaient avec le Ministre de l’Écologie François de Rugy et la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

Résultat de recherche d'images pour "schiappa"
« On attaque la Républiiiiiiique ! »

Si le débat n’a pas vraiment apporté de solutions concrètes pour sortir de la crise, il a permis en revanche de mettre en évidence un malaise profond au sein de la population, qui fait étrangement écho au programme d’un candidat malheureux à la présidentielle : Benoit Hamon.

Il l’avait bien dit

Ce qu’il y a de malheureux avec le mouvement des Gilets Jaunes c’est que ce dernier a tendance à rejeter en bloc la politique et les partis : « tous pourris, tous dans le même sac etc etc »

Du coup les partis d’opposition se font plus ou moins discrets pour ne pas être accusés de faire de la récupération.

Génération.s, le parti de Benoit Hamon, est sans doute l’un des plus respectueux de cette volonté de ne pas faire de récupération si bien que nous pointions il y a quelques jours cette mise en retrait que nous jugions presque à la limite de l’effacement. 

Et pourtant, Génération.s aurait une légitimité particulière à se mettre en avant tant en reprenant les discours du candidat malchanceux à la présidentielle, on trouve un écho avec les interrogations, les inquiétudes et la colère des Gilets Jaunes qui étaient présents sur le plateau hier.

Ces derniers lancent un appel de détresse, expliquant qu’ils veulent plus de pouvoir d’achat et donc une potentielle augmentation du SMIC… ce à quoi les ministres présents répondent en invoquant une politique en place visant à mieux rémunérer le travail.

Mais il faut savoir lire entre les lignes ce que le gouvernement n’arrive pas ou ne veut pas faire :

En réalité la colère qui anime aujourd’hui les Gilets Jaunes, c’est avant tout le sentiment que toute une partie de la population n’arrive plus à vivre dignement, qu’ils travaillent ou non.

Image associée
« – Si t’es pas content t’as qu’a trouver du boulot ! Comment ça tu bosses déjà pour moi ? Oui ben travaille plus et rackette un prolo ! « 

L’une des intervenantes l’a dit d’ailleurs à un moment : « On gagne autant à rester à la maison qu’en allant travailler. »

Or cela fait des décennies que les gouvernements successifs parviennent à maintenir un calme relatif en entretenant l’illusion que tous les maux du pays venaient des « assistés » à qui on allait donner moins pour donner plus aux travailleurs.

Prendre l’argent à ceux qui n’ont rien, pour le donner à ceux qui n’ont pas grand chose… ça a marché un temps… mais le système craque là ou la convergence des mal-lotis s’opère.

Quand le peuple dans sa grande diversité se rend compte qu’il est le dindon d’une farce qui n’a que trop duré.

Un modèle de développement décadent.

Face aux demandes d’augmentation du SMIC, le gouvernement admet son impuissance, après tout si l’on augmente le SMIC alors cela augmentera le chômage… mais d’un autre côté les politiques de paupérisation entreprises depuis des années n’ont pas réussi à infléchir la courbe du chômage.

Et quand bien même, où serait l’intérêt du peuple à chercher le plein-emploi si c’est un plein-emploi précaire ?

Les français se rendent bien comptent aujourd’hui qu’on leur vend du rêve avec une perspective de travailler mais que le travail pour le travail n’a aucun intérêt puisque l’enjeu premier c’est d’avoir les moyens de vivre.

Benoit Hamon avait le mérité lors de sa campagne de décrire ce problème et d’y chercher une solution en évoquant la disparition du travail pour laquelle il a été injustement raillé.

Résultat de recherche d'images pour "larbin"
« Mais non mais non le travail ne disparait pas, il mute ! »

Avec le progrès technologique et le développement de nos sociétés, on a de moins en moins besoin de main d’oeuvre ce qui explique la hausse progressive du chômage et la stagnation des salaires.

Pas « d’argent magique » pour rémunérer décemment des travailleurs n’ayant pas de talents autre que leur volonté, leur motivation et leur huile de coude.

Pas « d’argent magique », si l’on se refuse à taxer davantage les riches et à laisser le déficit se creuser un peu.

Le fondateur de génération.s n’excluait pas ce genre de solution en mettant en avant l’idée du revenu universel !

Un principe simple qui répond avec exactitude aux préoccupations actuels des Gilets Jaunes, à savoir que la priorité absolue pour un gouvernement, est d’assurer à chacun de quoi vivre décemment.

Résultat de recherche d'images pour "macron hamon"
                              « – Un revenu universel d’existence pour permettre à chacun de vivre.                                     – Je préfère miser sur l’investissement en supprimant l’ISF »

« Face aux mutations du travail, à la persistance de la grande pauvreté, à un chômage qui demeure trop haut, et au développement de conditions de vie et de travail précaires, je ne me résigne pas à la fatalité. Le revenu universel d’existence permettra notamment de vivre le travail plus librement, de le choisir plutôt que de le subir. »

Certes les inégalités continueraient de courir dans le pays, il continuerait d’y avoir des riches et des pauvres, des gens ayant la chance d’avoir un travail et ceux qui n’en ont pas.

Mais au moins la garantie pour chacun d’avoir un toit, d’être au chaud et d’avoir de quoi se nourrir.

 

Ce sont les pré requis inextricables du vivre-ensemble, qui ne sont plus garanties par le modèle économique actuel tourné vers la croissance et la productivité.

Certes, cela implique que La France risque de ne plus être considérée comme une nation aussi « riche » du point de vue de son PIB, mais le PIB est lui même un indicateur de richesse controversé car il ne rend pas nécessairement compte du bonheur des individus.

Vers une sixième république ?

Ce qui ressort aussi du débat d’hier, c’est une impression d’avoir été volé au moment de l’élection présidentielle et que la Vème république ne répond plus aux attentes des français.

Non seulement Emmanuel Macron peine à réunir 1/4 des français au premier tour, mais en plus la diversité des offres politiques est telle qu’il y a forcément des français se sentant floués.

Il n’est objectivement pas normal que 7 millions d’électeurs ayant voté Jean-Luc Mélenchon se retrouvent au second tour à devoir choisir entre Le Pen ou Macron.

On ne peut cautionner les violences ayant lieu sur la capitale ou les invitations à marcher sur l’Élysée… On ne peut les cautionner et en même temps on peut les comprendre tant le résultat de la dernière élection laisse un goût amer pour beaucoup de français.

Cette volonté d’une démocratie plus participative et moins verticale fait aussi partie des projets évoqués par Benoit Hamon qui en appel à la VIème république, un souhait qu’il n’est pas le seul à formuler ce qui montre bien une aspiration profonde dans ce pays pour changer de système pas seulement sur un plan économique mais aussi politique.

Pas sûr que la réforme constitutionnelle de Macron consistant à réduire le nombre de députés soit à la hauteur des enjeux du pays.

Publicités

2 commentaires sur “Benoit Hamon avait-il anticipé la crise des Gilets Jaunes ?

  1. Benoît Hamon avait raison pendant la campagne présidentielle. Il avait tort d’avoir compris et proposer des solutions qui seront dans le débat de la prochaine campagne. La réaction des gilets jaunes conforte toutes ses propositions. Avant la révolte on pouvait dire : à quoi cela sert d’avoir raison si l’on empêche rien. L’espoir renaît.

    J'aime

  2. Les idees de Benoit Hamon etaient en avance les gens n etaient pas encore prets a l entendre pourtant … il avait bien ete designe a la primaire socialiste et l avait remporte contre tous y compris contr un De Rugy dont on se demande encore quelle etait sa place dans cette designation a une candidature de la Gauche socialiste et qui se retrouve au gouvernement a cote d un president ancien collaborateur d un President socialiste quel gachis pour notre parti de ne pas seulement l avoir soutenu enfin l espoir peut renaitre a Gauche a condition que tout le monde s ecoute se respecte et ait la volonte de s unir pour le bien du plus gd nombre

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s