Politique

Le grand débat, une perte de temps ?

La crise des gilets jaunes n’en finit plus, hier encore des dizaines de milliers de français arpentaient les rues pour l’acte IX du mouvement de contestation né il y a plus de deux mois maintenant.

Face à cette colère le gouvernement tâtonne, alterne entre les discours de répression et de conciliation, cherchant avant tout à éteindre ce mouvement tout en restant au pouvoir afin de maintenir un semblant de cap.

Après tout le président a été élu démocratiquement le 7 mai 2017 et on sent bien chez lui une volonté de rester au pouvoir quoiqu’il arrive, refusant l’idée même d’un renoncement qui marquerait inéluctablement son ego fort développé.

Quand bien même cette obstination entretient un climat d’embourbement généralisé de la vie politique française, elle est légitimée par les urnes et Macron a au moins le mérite de chercher sans relâche la formule qui lui permettra de sortir de ce marasme.

C’est ainsi que devrait s’ouvrir demain le grand débat national souhaité par le gouvernement comme point d’orgue de la réponse donnée aux gilets jaunes et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce débat à des allures d’usine à gaz.

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« J’avais même pas le droit aux tickets restos »

Grand débat ou grande débâcle ?

Un débat en soit, c’est toujours bien vu dans un système démocratique car cela permet l’échange, la discussion et la confrontation d’idées divergentes.

Le problème étant que cela reste un exercice d’autant plus complexe lorsque l’on multiplie le nombre d’intervenants, à fortiori dans un pays comptant plus de 60 millions d’habitants.

Ce n’est pas pour rien que nous avons instauré un système basé sur la représentativité avec des scrutins permettant (logiquement) le bon déroulement de l’exercice démocratique.

Or la France connaît aujourd’hui entre autre une crise de la représentativité, ce qui conduit le président actuel à lancer ce grand débat national pour chercher à reprendre la main.

Les médias traditionnels saluent l’initiative inédite du président et vantent une fois encore les mérites d’un président innovant…

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C’est marrant parceque cette idée de débattre face à des français lambda tirés au sort, ça rapelle quelqu’un quand même ^^

pourtant lorsqu’on s’interroge sur le principe même de ce grand débat on est en droit de se poser des questions :

  • comment peut-on croire qu’on tranchera plus facilement des sujets en se mettant à 60 millions autour d’une table ?
  • comment garantir le temps de parole de chacun ?
  • comment encadrer le débat ? choisir les thèmes et les faire respecter ?
  • comment s’assurer qu’il en ressortira quelque chose et que l’exécutif en tiendra compte ?

L’exercice paraît terriblement compliqué, d’autant plus que ce genre de concertation nationale existe déjà et qu’elle pose soucis aujourd’hui : on appelle ça l’élection présidentielle.

 

Rejouer la présidentielle ? Seulement en partie…

Depuis le début du mouvement de contestation, nous avions suggéré que le départ de Macron serait inévitable.

D’ailleurs les « macron démission » fleurissent sur les pancartes des manifestants et plusieurs responsables de l’opposition appellent aussi à une dissolution de l’assemblée nationale.

Une autre solution aurait aussi consisté à faire un référendum un peu comme celui de De Gaulle en 1969 où ce dernier avait mis sa démission sur la table.

Car au fond le référendum ou la dissolution sont les solutions prévues par lrd indtitutions de la Vème république permettant justement en cas de crise comme celle que nous traversons, de re-légitimer le pouvoir exécutif à travers une consultation populaire.

A priori si Emmanuel Macron est si sur de lui, il aurait pu tenter l’une de ces solutions qui aurait éteint en bonne partie la contestation ; d’ailleurs face à une opposition divisée ou le RN occupe une place prédominante, il est même fort probable que l’actuel président soit réélu.

Au lieu de cela Macron s’embourbe dans cette histoire farfelue de grand débat national avec la volonté de donner aux français le sentiment d’être entendu mais qui au fond n’a qu’un seul avantage : celui de garantir qu’à la fin le président gardera son poste quoiqu’il arrive.

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« Même moi, je n’aurai pas osé »

Un président irresponsable

On entend beaucoup de choses dans les médias sur le président actuel, ce dernier serait quelqu’un de très intelligent (trop) au point qu’il serait avant tout un incompris par la plèbe inconsciente et ingrate.

Au regard des évènements survenus depuis la crise des gilets jaunes et en prévision des deux prochains mois de piétinements stériles qui s’annoncent, nous ferons un bilan plus mitigé de l’action du président en fonction.

Les gilets jaunes se mobilisent pour une nouvelle journée de contestation.
« Ah il est beau nooootre projeeet !! »

C’est avant tout quelqu’un d’une grande arrogance, persuadé que la France ne saurait se passer de lui ; une arrogance doublée d’une forme de lâcheté car il est incapable de prendre les mesures à la hauteur de la crise que nous traversons.

Fustigeant les gilets jaunes quand il se sent en position de force, puis lâchant dix milliards quand il sent le vent tourner avant de recommencer le mépris dès lors qu’il a un sondage favorable.

Bien sur il a été élu démocratiquement ce qui lui donne le droit d’exercer la fonction présidentielle mais, comme il le dit lui même, les droits s’accompagnent de devoir et l’un de ses devoirs est d’assurer le fonctionnement normal des pouvoirs publics et la continuité de l’État.

Or ces devoirs ne sont plus remplis et il ne pourra pas continuellement à se défausser sur « les gilets jaunes » sur qui il cherche à faire porter la responsabilité des problèmes du pays.

Bien sur nous devrons revoir notre jugement si jamais ce grand débat s’avérait être une réussite, mais si au terme de ce débat la situation n’évoluait pas, ou trop peu, alors il faudra s’interroger sur la légitimité qu’a le président de bloquer un pays pendant des mois sous prétexte de vouloir expérimenter des solutions nouvelles de gouvernance improvisée.

 

 

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