Politique

Benoit Hamon muscle son jeu face au président.

Marginalisé voir raillé en raison de ces 6 % a la présidentielle, Benoit Hamon a bien du mal à faire entendre sa voix dans les médias qui lui préfèrent des figures de l’opposition plus populistes pour entretenir un clivage arrangeant le chef de l’état.

Pour autant le co-fondateur de Génération-s n’a pas dit son dernier mot et n’hésite pas multiplier les tentatives pour faire entendre ses propositions, ses idées, et une véritable alternative à la politique actuellement menée.

Commençant par renvoyer dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, accusant le premier de faire le jeu de la deuxième lors d’un entretient accordé au Point samedi 12 janvier, Benoit Hamon s’en prend ensuite frontalement au président à qui il adresse une lettre dans le cadre du grand débat national lancé en début de semaine.

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Le grand débat, on a tous à y gagner !

Le moins que l’on puisse dire sur cette lettre, c’est qu’elle envoie du bois.

Critiques et charges assassines

Si l’on est habitué à la véhémence d’un Jean-Luc Mélenchon qui a su séduire par des formules chocs « Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang » et autre « je suis le bruit et la fureur » ; on est agréablement surpris de constater que Benoit Hamon sait aussi manier le verbe pour exprimer la colère ressentie par une parti de nos concitoyens.

En effet, ce dernier ne tarde pas à écrire cette phrase aussi violente qu’elle est pertinente :

« La planète n’est plus assez grande pour héberger la civilisation vorace et productiviste dont vous êtes un des derniers apôtres. »

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« Jeter un pavé dans la mare, plutôt que sur un CRS, on adhère. »

En une phrase, Hamon frappe là où ça fait mal : le modèle capitaliste et productiviste qui au nom de l’enrichissement frénétique d’une minorité, met en péril l’ensemble de la population sur un plan social et écologique.

Travailler plus, encore plus pour produire, produire encore et sans fin mais dans quel but ? Et à quel prix ? Une véritable problématique d’ordre philosophique soulevée lors de la campagne sur laquelle la technocratie au pouvoir semble incapable de réfléchir.

Et pourtant cette question est fondamentale dès lors qu’on ouvre les yeux sur la situation actuelle « des dizaines de millions de femmes et d’hommes jetés sur les routes de l’exil par la pauvreté et le dérèglement climatique, en dépit de la colère qui monte partout en réponse à l’accaparement de la richesse par une minorité d’ultra-riches« 

Eh oui… le sort de millions d’individus est menacé par le dérèglement climatique et la misère… pendant que Macron s’échine à racketter les gens ici et là pour convaincre une minorité d’ultra-riches de préférer Saint-Tropez à Dubaï.

Benoit Hamon n’attaque pas seulement la politique d’Emmanuel Macron mais également la tenue du débat trop directive :

« Ce débat public commence mal quand les membres du gouvernement passent plus de temps à énoncer la liste des questions interdites »

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« J’ai dit qu’on pouvait parler de tout… même si on ne reviendrait sur rien. Tient on peut même parler de pourquoi on reviendra sur rien ! »

et en même temps un peu hypocrite :

« celui-ci ne peut se résumer à un artifice de communication de la part d’un pouvoir qui a continûment méprisé les corps intermédiaires, le Parlement et, par vos excès de langage récurrents, les citoyens eux-mêmes. »

Il est vrai qu’après un an et demi de pouvoir d’exercice du pouvoir « Jupitérien » et l’épisode des gilets jaunes, on voit mal comment Macron pourrait réussir à se parer du costume de grand médiateur bienveillant.

Mais aussi des propositions

Benoit Hamon ne se contente pas dans sa lettre de critiquer le président sur le fond et sur la forme ; ce dernier en profite également pour faire des propositions :

– une assemblée constituante qui au terme du débat national engagera la rédaction de la constitution d’une VI ème République soumise à l’approbation du peuple français par référendum.

Clairement les Gilets Jaunes ont fait savoir qu’ils voulaient modifier les institutions pour permettre une meilleure représentation démocratique.

Le système actuel est défaillant… passer au premier tour d’une présidentielle avec le soutien de moins d’un français sur quatre, avant de rafler la mise au second tour et aux législatives grâce à la « menace fasciste »… c’est un peu facile.

Du coup on se retrouve avec un président qui a les pleins pouvoirs et la légitimité du scrutin, mais qui ne représente pas grand monde… C’est d’autant plus problématique quand le président en question refuse de voir la fragilité de son socle électoral et qu’il choisit de comporter en petit monarque autocratique.

– Je vous demande que ce débat national permette une nouvelle répartition des richesses […] l’expérimentation du revenu universel d’existence, au rétablissement de l’indexation des retraites sur les prix, à la hausse du SMIC et l’ouverture d’une négociation sur l’augmentation des salaires dans le secteur privé comme dans la fonction publique

À ce sujet Macron essaye de rejouer Sarkozy, c’est à dire convaincre les travailleurs précaires que le fléau de la France est l’assistanat et qu’il faut travailler plus pour gagner plus.

Mais cette grande théorie tombe à l’eau car au fur et à mesures que les inégalités se creusent entre les ultra-riches et les classes moyennes, une grande partie de la population se rend bien compte que l’assistanat ne permet pas plus de vivre en France que le travail. Qu’on touche le RSA, le chômage soit le smic, on peine à tous à finir le mois quant à côté on pose 15 000 € sur la table à Chantal Jouanno pour organiser un débat.

Les français se rendent bien compte que travailler, ou pas, ne change finalement pas grand chose à leur situation quant à côté de cela des PDG touchent 5 millions d’euros pour se faire virer !

Michel Combes, ex DG d'Altice (SFR), est parti avec un parachute dorée de 9,4 millions, son deuxième en trois ans
Michel Combes cumulant les parachutes dorés et probablement pour le renforcement des contrôles à Pôle Emploi, même si il n’y a jamais foutu les pieds

Comment justifier qu’une vie de travail forcenée pendant plus de 40 ans rapporte moins qu’une prime de licenciement d’un grand patron ?

– Je vous demande enfin d’engager un changement de notre modèle de développement.

Benoit Hamon pointe du doigt la responsabilité d’Emmanuel Macron dans le fiasco écologique engendré par sa politique inégalitaire.

Au fond, taxer le diesel qui pollue n’était pas une si mauvaise idée en soit d’un point de vue écologique… mais à condition qu’à côté des compensations soient effectués afin d’effectuer la transition écologique en douceur.

Avec la méthode bourrine consistant à taxer tout azimut au nom de l’écologie, tout en octroyant des cadeaux fiscaux aux plus riches, Macron n’a fait qu’accentuer la défiance des français face à la politique fiscale en général et à l’écologie.

Je vous demande la taxation intégrale des profits des banques issus de leur soutien aux énergies fossiles, de la création d’une contribution financière des entreprises qui exploitent les biens communs de l’humanité (eau, ressources fossiles, axes de communication, information, etc…) et la fin du droit à polluer gratuitement alloué aux grandes entreprises. Il vous revient aussi de mettre un terme à l’impunité des évadés fiscaux qui spolient la France de ses ressources.

Au fond les demandes de Benoit Hamon sont des demandes de bon sens… taxer les vrais pollueurs et aller chercher l’argent là où il est… c’est sans doute risqué, mais emprunter une voie risquée est toujours préférable à une voie qui conduit dans le mur avec certitude comme celle du président actuel.

L’intégralité de la lettre de Benoit Hamon

 

 

 

 

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Un commentaire sur “Benoit Hamon muscle son jeu face au président.

  1. « Entre des « Ubu roi » aux commandes, grand joueur de bonto devant l’éternel,
    et des médias ubuesques cherchant à nous faire prendre leurs tours de passe-passe au sérieux, c’est un miracle qu’il y ait encore en France une Conscience individuelle et collective ! »
    Messieurs les Députés et Sénateurs de l’opposition, Je ne comprends pas pourquoi, dans le même esprit que la motion de censure (qui n’avait elle aussi aucune chance de passer), ne déposez-vous pas une demande de destitution du Président, via l’article 68, mettant en évidence ses violations de la Constitution ? C’est une des principales revendications du peuple qui vous a élu et un soutient dont il a absolument besoin, une complémentarité à son action ! Il ne faudra pas s’étonner de l’assassinat de ce mouvement sous le coup de la répression gouvernemental et de la désinformation des médias.
    Si ce mouvement se sentait épaulé par les élus il n’y aurait pas de tentation de rentrer en politique et de risque de perdre la pureté de son Âme. L’humanité entière est parvenue à une impasse telle qu’il est facile de se convaincre de l’urgence d’un changement plus radical : il y va de l’avenir même de notre espèce.
    Les trois mots d’ordre de la France — Liberté, Egalité, Fraternité — quand ils seront pleinement compris par les hommes, se révèleront être, en réalité, les meilleurs phares de l’évolution humaine.
    L’heure n’est plus au débat avec des gouvernements et présidents qui font semblant de faire ce qu’ils ne font pas ! Ça suffit !
    Qui fabrique ? Qui produit ? Qui autorise ? Qui commercialise ? Qui finance ? Qui est décisionnaire ? »

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